Le Bénin a organisé une élection présidentielle sous tension, avec un duel déséquilibré entre le ministre des Finances Romuald Wadagni, donné favori, et l’opposant Paul Hounkpè.
Soutenu par la majorité présidentielle, Wadagni apparaît comme le successeur naturel du président sortant Patrice Talon, contraint de quitter le pouvoir après deux mandats. Face à lui, son adversaire, candidat du parti Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE), peine à incarner une alternative crédible.
Près de huit millions d’électeurs étaient appelés aux urnes dans plus de 17 000 bureaux de vote à travers le pays. Mais la participation est restée faible, notamment dans des villes clés comme Porto-Novo et Cotonou, où certains centres ont enregistré moins de 20 % de votants.
Malgré cette faible mobilisation, le président de la commission électorale, Sacca Lafia, a salué un scrutin globalement apaisé. Quelques irrégularités ont toutefois été signalées, notamment des ouvertures anticipées de bureaux et des anomalies liées aux urnes.
Cette abstention s’explique en partie par l’absence d’une opposition forte. Le principal parti, Les Démocrates, n’a pas pu présenter de candidat faute de parrainages suffisants. Une situation qui a contribué à démobiliser une partie de l’électorat.
Dans ce contexte, beaucoup d’analystes anticipent une victoire de Romuald Wadagni. Lors des dernières législatives, les partis proches du pouvoir avaient déjà raflé l’ensemble des sièges à l’Assemblée nationale, renforçant leur emprise politique.
Le prochain président devra toutefois faire face à des défis importants. Malgré une croissance économique soutenue, une part significative de la population vit encore dans la pauvreté. Les attentes sont fortes, notamment en matière d’emploi, de sécurité et de libertés publiques.
La situation sécuritaire dans le nord du pays, marquée par la montée des violences, ainsi que les tensions politiques internes, resteront également des enjeux majeurs pour le futur chef de l’État.


