Le Bénin a ouvert une nouvelle page politique et diplomatique dimanche 24 mai 2026 avec l’investiture officielle de son nouveau président, Romuald Wadagni. Organisée à Cotonou, la cérémonie a surtout été marquée par la présence remarquée des délégations du Niger, du Mali et du Burkina Faso, trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), dans un contexte régional encore marqué par de profondes fractures politiques et sécuritaires.
Conformément à la tradition républicaine béninoise, aucun chef d’État étranger n’était présent. Mais la participation des représentants sahéliens a donné une portée particulière à cette investiture. Le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, a notamment été chaleureusement applaudi par les milliers d’invités réunis au Palais des Congrès de Cotonou, signe d’un possible réchauffement entre Niamey et Cotonou après plusieurs années de tensions diplomatiques.
Depuis le coup d’État de 2023 au Niger, les relations entre les deux pays s’étaient fortement dégradées, entre accusations de déstabilisation, fermeture des frontières et méfiance politique. La présence des autorités nigériennes, mais aussi des ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso et du Mali, apparaît ainsi comme un geste d’ouverture inédit dans une sous-région traversée par les rivalités géopolitiques.
Dans son discours d’investiture, le nouveau président béninois a rapidement donné le ton. « Dans une sous-région confrontée au péril terroriste, nous sommes condamnés à travailler ensemble », a déclaré Romuald Wadagni, saluant la présence des délégations de l’AES et réaffirmant la volonté du Bénin de coopérer avec ses voisins sahéliens face aux défis sécuritaires.
Successeur de Patrice Talon après dix années de pouvoir, le nouveau chef de l’État hérite d’un pays économiquement dynamique, mais confronté à un environnement régional devenu particulièrement instable. Entre menace terroriste croissante dans le nord du pays, tensions diplomatiques avec certains voisins et recomposition des alliances en Afrique de l’Ouest, son mandat s’annonce délicat sur le plan géopolitique.
Le défi pour Romuald Wadagni sera désormais de rétablir un dialogue durable avec les pays de l’AES tout en préservant les partenariats traditionnels du Bénin avec les puissances occidentales et les institutions régionales.


