Le Mali poursuit la redéfinition de sa politique étrangère. À l’occasion d’une rencontre diplomatique réunissant les ambassadeurs accrédités à Bamako, des représentants d’organisations internationales et plusieurs autorités, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a présenté les grandes orientations de la diplomatie malienne, désormais articulée autour de la souveraineté nationale, de la diversification des partenariats et de la défense des intérêts stratégiques du pays.
La rencontre s’est déroulée en présence de la conseillère diplomatique du Chef de l’État, Mme Fatou Binta Diop. Devant le corps diplomatique, le chef de la diplomatie malienne a expliqué que l’action extérieure du Mali repose désormais sur un « nouveau paradigme », impulsé par le Président de la Transition, le général Assimi Goïta.
Selon Abdoulaye Diop, cette nouvelle doctrine s’appuie sur trois principes fondamentaux : le respect de la souveraineté du Mali, le respect des choix souverains des autorités maliennes et la défense des intérêts du peuple malien. Une orientation qui, selon lui, guide désormais l’ensemble des relations internationales du pays.
Le ministre a rappelé que cette politique accompagne les profondes réformes engagées depuis le début de la Transition. Il a notamment cité l’adoption de la Constitution de 2023, la création d’un organe indépendant chargé de la gestion des élections, la réforme du secteur minier, la politique de contenu local ainsi que la vision stratégique Mali Kura 2063, destinée à orienter le développement du pays sur le long terme.
Sur le plan sécuritaire et économique, Abdoulaye Diop a souligné que la diplomatie malienne est appelée à soutenir les priorités nationales en mobilisant des partenariats capables de renforcer les capacités du pays. L’objectif, a-t-il expliqué, est de disposer des moyens nécessaires pour assurer la sécurité nationale tout en créant des opportunités de développement.
Le chef de la diplomatie a également insisté sur la place de la culture dans le rayonnement international du Mali. Revenant sur la rentrée diplomatique organisée en 2023, consacrée à la diplomatie culturelle, il a rappelé que le patrimoine culturel demeure l’un des principaux atouts de l’image du Mali sur la scène internationale.
Abdoulaye Diop a par ailleurs mis en avant le renforcement des relations bilatérales avec plusieurs partenaires stratégiques. Les visites officielles du Président Assimi Goïta en Russie et en Chine, a-t-il indiqué, ont permis de consolider la coopération avec ces deux puissances. Il a également évoqué le développement des relations avec la Türkiye et d’autres pays considérés comme des partenaires privilégiés.
Selon le ministre, cette offensive diplomatique a déjà produit des résultats concrets. Il estime que les sanctions imposées au Mali par la CEDEAO et l’UEMOA en janvier 2022 ont renforcé le sentiment d’unité nationale et suscité un vaste mouvement de solidarité, tant à l’intérieur qu’au sein de la diaspora. Il considère également que cette période a favorisé un soutien panafricain à la vision défendue par les autorités de la Transition.
Présentant les priorités de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop a décliné une feuille de route articulée autour de plusieurs axes majeurs. Celle-ci prévoit notamment la diversification des partenariats internationaux dans le respect des intérêts du Mali, le renforcement des relations de bon voisinage, la promotion de l’intégration régionale ainsi que le développement de la Confédération des États du Sahel (AES), créée le 6 juillet 2024 par le Mali, le Burkina Faso et le Niger.
Le ministre a précisé que cette organisation régionale n’a pas vocation à s’opposer aux autres regroupements africains, mais vise à répondre aux défis communs auxquels sont confrontés les trois États membres.
Au niveau multilatéral, Bamako plaide également pour une réforme de la gouvernance mondiale afin de promouvoir un système international qu’il juge plus équitable, plus multipolaire et davantage représentatif des intérêts des pays du Sud.
En conclusion, Abdoulaye Diop a défendu une diplomatie qu’il qualifie de « repensée, dynamique, décomplexée et engagée », estimant qu’elle constitue désormais un instrument central de la stratégie politique, économique et sécuritaire du Mali.


