Le Mali réoriente l’enseignement de l’histoire vers ses propres repères historiques. Le ministère de l’Éducation nationale a officialisé le retrait de plusieurs chapitres consacrés à l’histoire de la France et de l’Europe des programmes du secondaire.
Parmi les principaux changements figure la suppression du module consacré à la Révolution française de 1789, jusque-là enseigné en neuvième année. Les cours portant sur les monarchies européennes et la période napoléonienne sont également retirés des programmes et des manuels publics.
Cette réorientation traduit la volonté des autorités de transition de donner davantage de place à l’histoire du Mali et du continent africain dans l’enseignement. Les nouveaux contenus mettent notamment l’accent sur les grands empires ouest-africains, parmi lesquels ceux du Ghana, du Mali et du Songhaï.
Les figures de la résistance à la colonisation occupent également une place plus importante dans cette nouvelle approche. L’objectif affiché est de rapprocher les programmes scolaires de l’histoire, des réalités culturelles et des références propres aux populations maliennes.
Cette réforme s’inscrit dans la politique de souveraineté défendue par les autorités de transition, qui souhaitent revoir certains contenus hérités des anciens programmes et renforcer l’ancrage national de l’éducation.
La décision reçoit un accueil favorable d’une partie de l’opinion, qui y voit une manière de mieux valoriser le patrimoine historique africain et de renforcer le sentiment d’appartenance nationale chez les jeunes.
Elle soulève toutefois des interrogations dans le milieu éducatif. Des enseignants s’interrogent notamment sur la disponibilité des nouveaux manuels, leur actualisation et les moyens nécessaires pour accompagner efficacement la mise en œuvre de ces changements dans les établissements.
À travers cette réforme, Bamako entend ainsi faire de l’enseignement de l’histoire un outil davantage tourné vers la connaissance du passé africain et la construction d’une identité nationale, tout en engageant une transformation importante des contenus enseignés au secondaire.


