À Koupéla, l’ouverture des débats de fond dans le procès impliquant des magistrats et autres prévenus a été marquée par une prise de position ferme du premier accusé. Magistrat de profession, poursuivi pour corruption présumée, il a demandé au tribunal de fonder son jugement uniquement sur les déclarations qu’il a faites devant le parquet, et non sur celles recueillies lors de l’enquête de police judiciaire.
Dans l’affaire opposant le ministère public à Nikièma Désiré et à onze autres personnes, le prévenu est soupçonné d’avoir perçu une somme de 7 millions FCFA en contrepartie d’une décision de non-lieu. À la barre, il a catégoriquement nié avoir reçu de l’argent, tout en reconnaissant avoir, dans un premier temps, déclaré le contraire devant les enquêteurs, avant de se rétracter devant le Procureur du Faso.
Interpellé par le parquet sur cette contradiction, le magistrat a expliqué que ses déclarations initiales auraient été faites dans un contexte de confusion, affirmant ne pas avoir pleinement réalisé qu’il se trouvait devant des officiers de police judiciaire. Il a soutenu avoir retrouvé toute sa lucidité lors de son audition devant le parquet, moment qu’il considère comme déterminant pour l’appréciation de ses propos.
De son côté, le ministère public a rappelé que le prévenu reconnaît connaître Nikièma Désiré et avoir siégé dans le dossier concerné, des éléments que le parquet invite le tribunal à prendre en considération. Pour le Procureur du Faso, tant que les procès-verbaux de l’enquête policière n’ont pas été écartés du dossier, ils restent exploitables au cours des débats.
La défense, quant à elle, a insisté sur le droit de tout prévenu à revenir sur ses déclarations, que ce soit devant le Procureur ou devant le tribunal. Les avocats ont également relativisé la portée des procès-verbaux de police, estimant qu’ils ne constituent que de simples éléments de renseignement et non des preuves irréfutables. Ils ont enfin mis le ministère public au défi d’apporter la preuve matérielle de la remise effective d’une quelconque somme d’argent.
Le tribunal devra désormais trancher sur la valeur à accorder aux différentes déclarations du prévenu, dans un dossier suivi de près tant par les milieux judiciaires que par l’opinion publique.


