Le gouvernement togolais s’est réuni en Conseil des ministres, jeudi 19 février à Lomé, sous la conduite du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. Les travaux ont abouti à l’adoption d’un projet de loi, de deux décrets et à l’examen d’une communication relative à l’inclusion financière.
Au titre du projet de loi, l’exécutif a adopté un texte portant réglementation de la microfinance en République togolaise. Cette réforme vise à transposer dans le droit national la loi uniforme adoptée le 21 décembre 2023 par le Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UMOA). L’objectif est de corriger les insuffisances du cadre juridique actuel, notamment en matière de gouvernance, de gestion du crédit, de contrôle interne et de fiabilité des systèmes d’information. Le gouvernement entend ainsi consolider la stabilité financière, renforcer l’inclusion et mieux protéger les usagers, tout en alignant le pays sur les standards internationaux.
Au titre des décrets, le Conseil a d’abord adopté un texte portant création, attributions, organisation et fonctionnement d’une direction chargée de la protection des hautes personnalités et des institutions. Face à l’évolution du contexte sécuritaire et à la multiplication des événements internationaux organisés au Togo, l’exécutif juge nécessaire d’adapter les dispositifs de protection. La nouvelle direction regroupera des éléments de la police nationale et de la gendarmerie sous un commandement unique, avec pour ambition de rationaliser la chaîne hiérarchique et d’améliorer la coordination opérationnelle.
Un second décret a acté la création de l’Institut géographique national du Togo (IGNT). Cette réforme transforme l’actuelle direction générale de l’information géographique et de la cartographie en un institut doté de l’autonomie administrative et financière. Le gouvernement souhaite renforcer la production de données cartographiques fiables et moderniser les outils de géolocalisation et de gestion territoriale, afin de mieux accompagner les politiques publiques et le développement socio-économique.
Au titre de la communication, le Conseil a examiné l’évolution de la situation de l’inclusion financière, à la lumière de la mise en œuvre de la Stratégie nationale d’inclusion financière (SNIF) 2021-2025. Adoptée en décembre 2021, cette stratégie s’appuie notamment sur le Fonds national de la finance inclusive (FNFI) et l’Observatoire de la qualité des services financiers du Togo.
Les résultats présentés font état d’un taux d’inclusion financière passé de 87,7 % à 89,04 % en 2024, positionnant le Togo au deuxième rang au sein de l’UEMOA. À fin octobre 2025, plus de 1,9 million de crédits ont été octroyés par le FNFI, pour un montant cumulé de 116,59 milliards de FCFA.
Pour consolider ces acquis, le gouvernement prévoit l’élaboration d’une nouvelle SNIF 2026-2030, le lancement d’un projet spécifique en faveur des jeunes, la création d’un bureau d’innovation dédié à la fintech et le renforcement de la gouvernance dans les institutions de microfinance.
Le Conseil des ministres a pris acte du bilan de la stratégie 2021-2025 et approuvé le lancement du processus d’élaboration de la nouvelle feuille de route, avec pour ambition de garantir un accès durable et équitable à des services financiers adaptés et de qualité.
Fait à Lomé, le 19 février 2026.


