Le gouvernement du Togo s’est réuni mercredi 11 mars en Conseil des ministres à Lomé sous la présidence du Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil. Les travaux ont porté sur plusieurs dossiers stratégiques liés à la sécurité nationale, à la gouvernance publique et au développement socio-économique du pays.
À l’issue de la rencontre, deux décrets ont été adoptés et quatre communications présentées aux membres du gouvernement.
Parmi les principales décisions figure la prorogation de l’état d’urgence sécuritaire dans la région des Savanes. Initialement instaurée en juin 2022 pour faire face aux menaces terroristes dans le nord du pays, cette mesure vise à renforcer les dispositifs de défense et de protection des populations. Avec l’autorisation préalable de l’Assemblée nationale du Togo, le gouvernement a décidé de prolonger cet état d’urgence pour une période supplémentaire de douze mois à compter du 13 mars 2026.
Le Conseil a également adopté un décret portant approbation du nouveau Plan national d’attribution des bandes de fréquences radioélectriques. Cette mise à jour s’inscrit dans la dynamique d’adaptation aux nouvelles normes internationales établies par l’Union internationale des télécommunications. Le plan prévoit notamment l’identification de nouvelles bandes pour le développement de la 5G, l’intégration de solutions technologiques pour la sécurité maritime, ainsi que l’encadrement des communications inter-satellites et des services mobiles aéronautiques.
Au titre des communications, le ministre de la Santé, Jean-Marie Tessi, a présenté une note relative à la quatrième enquête démographique et de santé. Cette étude s’inscrit dans le cadre du cinquième Recensement général de la population et de l’habitat et vise à fournir des données actualisées sur plusieurs indicateurs clés, notamment la santé maternelle et infantile, la planification familiale, le VIH/Sida, la nutrition ou encore les violences domestiques. Les opérations de collecte devraient durer environ quatre mois, avec une publication des résultats attendue en avril 2027.
Le Conseil a également examiné l’évolution institutionnelle liée à la transformation de la Société d’administration de la zone franche (SAZOF). Créée en 1994 pour soutenir l’industrialisation et les exportations, cette structure sera bientôt remplacée par l’Agence de promotion des investissements et de la zone franche (API-ZF). Cette réforme vise à regrouper la gestion du code des investissements et celle du statut de zone franche industrielle au sein d’une seule entité, afin de renforcer l’attractivité du pays pour les investisseurs.
Une autre communication a porté sur la poursuite du Projet de réformes foncières pour l’accroissement de la productivité agricole (LRAP), mis en œuvre dans le cadre du Millennium Challenge Corporation. Malgré l’arrêt du financement du Programme Seuil, le gouvernement entend poursuivre les activités sur les sites pilotes situés notamment à Zio 4, Wawa 2, Tchamba 3, Dankpen 2 et Oti-Sud 2. Une cellule de gestion sera mise en place pour finaliser les actions engagées, notamment la sécurisation des droits fonciers et la délivrance des livrets fonciers.
Enfin, le ministre de la Sécurité, Calixte Madjoulba, a présenté les conclusions de la commission spéciale d’enquête mise en place en janvier 2026 pour examiner les cas d’enlèvements présumés et de disparitions inquiétantes signalés dans le pays. Sur 102 cas recensés, 86 personnes ont été retrouvées, dont 63 mineurs. Seize personnes restent actuellement recherchées. Les investigations montrent que la majorité des situations sont liées à des départs volontaires, des conflits familiaux ou des situations de vulnérabilité, tandis qu’un seul cas d’enlèvement présumé fait encore l’objet d’enquêtes approfondies.
Le gouvernement a annoncé plusieurs mesures pour renforcer la prévention, notamment la création d’une base nationale des personnes disparues, le renforcement des patrouilles de sécurité et la modernisation des outils de criminalistique numérique afin de lutter contre la désinformation.


