Le Togo veut renforcer son arsenal juridique contre la pollution plastique. Réunis les 2 et 3 octobre 2026 à Lomé, parlementaires, élus locaux, experts et acteurs de la société civile ont évalué le dispositif législatif existant et réfléchi aux adaptations nécessaires pour mieux répondre aux défis liés aux déchets plastiques.
Organisé par l’Assemblée nationale avec l’appui de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), ce séminaire a réuni des députés et sénateurs, des maires, des spécialistes de l’environnement et de la gestion des déchets, ainsi que des représentants d’organisations non gouvernementales et de la société civile.
Le Togo dispose depuis 2011 d’un cadre législatif consacré à la lutte contre la pollution plastique. Près de quinze ans après son adoption, des difficultés persistent toutefois dans son application, notamment en matière de collecte, de gestion et de valorisation des déchets.
Les travaux ont ainsi permis de revenir sur les enseignements tirés de la mise en œuvre du dispositif adopté en 2011 et d’examiner les pratiques observées à Lomé et dans les différentes régions du pays. Les participants se sont également penchés sur les données scientifiques disponibles concernant l’évolution de la pollution plastique et ses conséquences.
L’objectif était notamment d’identifier les limites du cadre actuel et de dégager des pistes susceptibles de rendre la législation plus efficace face aux nouvelles formes de pollution.

Les échanges ont également mis l’accent sur la nécessité d’agir dès la production des déchets. La lutte contre la pollution plastique implique en effet les modes de production et de consommation, la responsabilité des producteurs, le rôle des collectivités territoriales, mais aussi les comportements des citoyens.
L’ampleur du phénomène dépasse d’ailleurs les frontières du Togo. En 2024, plus de 500 millions de tonnes de plastique ont été consommées dans le monde, dont près de 400 millions de tonnes destinées à devenir rapidement des déchets. Sans mesures supplémentaires, leur volume pourrait presque tripler d’ici 2060, selon les éléments présentés lors du séminaire.
Le choix du Togo pour accueillir cette rencontre intervient par ailleurs dans un contexte où le pays cherche à renforcer son cadre juridique en matière environnementale. En 2025, le Togo est notamment devenu le premier pays à adopter une loi sur le climat inspirée des corpus législatifs de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie.
À l’ouverture des travaux, l’accent a été mis sur la nécessité d’une mobilisation collective. Pouvoirs publics, collectivités territoriales, entreprises, organisations de la société civile et citoyens sont appelés à conjuguer leurs efforts pour réduire la production de déchets plastiques, améliorer leur collecte et favoriser leur valorisation.
Les recommandations issues de ces deux journées devraient servir de base aux prochaines réflexions sur l’évolution du cadre législatif togolais. L’enjeu est désormais de parvenir à un dispositif mieux adapté aux réalités du terrain et capable d’accompagner durablement les efforts de prévention, de collecte et de recyclage des déchets plastiques.



