Depuis le début de l’année, le Kwacha zambien se positionne comme la monnaie africaine la plus performante par rapport au dollar américain, enregistrant une hausse de 13,8 % à 22,8, selon les données du LSEG. Cette tendance est attribuée à la politique monétaire resserrée de la banque centrale, qui a relevé les ratios de réserves des banques commerciales et augmenté les taux d’intérêt pour contrer la dépréciation de la monnaie due à une inflation croissante.

Selon Danny Greef, co-responsable de l’Afrique chez ETM Analytics, cette performance remarquable du Kwacha est notable. Cependant, les responsables zambiens soulignent que le blocage de la restructuration de la dette du pays depuis quatre ans freine les investissements étrangers et affaiblit la devise. De plus, la baisse de la production de cuivre, principale source de devises du pays, malgré les efforts gouvernementaux pour stimuler le secteur, contribue également à cette situation.
Le gouverneur de la Banque de Zambie, Denny Kalyalya, a expliqué que les mesures prises visaient à maîtriser la demande excessive en prévision de l’offre provenant principalement du secteur minier. Bien que le Kwacha ait légèrement fléchi cette semaine, restant à 20 % au-dessus de son plus bas niveau record atteint en février, les analystes estiment qu’un ajustement stable autour de 21-22 pour un dollar est attendu. Cependant, pour que le Kwacha maintienne ses gains, une augmentation des flux d’investissements étrangers est nécessaire.
Le gouvernement zambien travaille activement à attirer de nouveaux investisseurs pour reprendre les mines de cuivre telles que Mopani et Konkola, tandis que des sociétés comme KoBold Metals entreprennent des activités d’exploration en finançant de nouveaux projets. Imgard Erasmus, économiste principal chez Oxford Economics, souligne l’importance de maintenir la consolidation budgétaire et de réformer la balance des paiements pour créer un environnement politique attractif. De plus, la conclusion de la restructuration de la dette extérieure est jugée cruciale pour débloquer les flux d’investissement vers le pays.


