La Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP) s’insurge avec véhémence contre la conférence sur la dette publique organisée à Lomé depuis le 12 mai 2025. Qualifiée de « mascarade technocratique », cette rencontre, soutenue par le FMI, la Banque mondiale et d’autres partenaires techniques, est perçue par le regroupement politique comme une insulte à un peuple togolais étranglé à la fois financièrement et démocratiquement.
Dans un communiqué au ton offensif, la DMP dénonce une opération de façade orchestrée par un régime qualifié d’illégitime et autoritaire, qui chercherait à se donner une légitimité internationale sans jamais rendre compte de sa gouvernance. Alors que le pays est englué dans une spirale d’endettement, l’opposition estime que cette conférence tourne le dos à la réalité vécue par les citoyens, confrontés à une précarité croissante, des services sociaux délabrés, une absence criante de retombées économiques et une exclusion politique persistante.
Selon les données relayées, la dette publique du Togo dépasserait aujourd’hui les 4 000 milliards de FCFA, soit près de 68 % du PIB, avec une forte part intérieure contractée à des taux jugés prohibitifs. Pour la DMP, cette situation résulte d’une gestion opaque où ni les marchés publics ni les choix économiques ne bénéficient d’un contrôle citoyen ou institutionnel. Le communiqué pointe également du doigt la complicité implicite des bailleurs de fonds internationaux qui, en participant à ce type de rencontre, valideraient un système qui assujettit davantage le pays tout en perpétuant un modèle de développement désincarné.
Loin des débats sur le « recyclage d’actifs » ou les « mécanismes innovants », la DMP réclame des mesures concrètes : un audit indépendant de la dette, la mise en place de contrôles parlementaires effectifs sur les emprunts publics, une transparence budgétaire réelle et une réforme profonde de la gouvernance. Elle appelle l’Assemblée nationale à interpeller les ministères impliqués dans les décisions d’endettement et enjoint la société civile à se mobiliser pour exiger une autre voie.
La formation politique affirme qu’aucune viabilité économique n’est possible sans une viabilité démocratique, et que tout débat sur la gestion de la dette reste vain tant que le peuple est exclu des choix qui engagent son avenir. Dans une référence assumée aux propos de Marguerite Essossina Gnakadé, ancienne ministre des Armées, la DMP appelle à un « nouveau départ sans Faure Gnassingbé », prônant une rupture systémique pour construire une gouvernance transparente, équitable et tournée vers le développement durable.
Pour la DMP, ce n’est plus le temps des colloques de prestige, mais celui de la vérité des comptes et de la souveraineté populaire. Dans un appel vibrant à la mobilisation, elle conclut par ces mots : « Togolais, viens, bâtissons la cité ».


