Lomé, 25 juin 2025 – À l’aube de nouvelles mobilisations annoncées dans la capitale, une coalition de partis politiques et d’organisations de la société civile a levé la voix. Devant la presse, mardi, sept formations de l’opposition ont exprimé leur solidarité envers les jeunes appelant à manifester du 26 au 28 juin. Une prise de position qui s’inscrit dans un climat politique particulièrement tendu depuis l’adoption contestée de la nouvelle Constitution togolaise.
Les partis ADDI, CAR, DMP, Les Démocrates, LDP, PSR et Santé du Peuple ont signé une déclaration commune, fustigeant ce qu’ils qualifient de « dérive autoritaire » du pouvoir. « Ce moment est de ceux où le silence devient complicité », a déclaré l’un des leaders, citant l’ex-président Sylvanus Olympio. Pour ces partis, la jeunesse togolaise, par son réveil civique, incarne une nouvelle dynamique de rupture face à un régime en place depuis plusieurs décennies.
Dans leur déclaration, les signataires dénoncent « le coup de force institutionnel » opéré le 19 avril 2024 avec l’instauration de la Ve République, sans consultation populaire préalable. Ils appellent à « une mobilisation pacifique et légitime », se référant à l’article 150 de la Constitution de 1992, qui autorise la désobéissance face à une autorité jugée illégitime.
Les événements des 5 et 6 juin, marqués par des violences policières, ont été fermement condamnés. Les partis pointent la responsabilité du pouvoir et en appellent à la retenue des forces de l’ordre lors des prochaines manifestations. Le message est clair : pas de répression, mais une écoute des aspirations populaires.
Par ailleurs, l’opposition a lancé un appel solennel à la communauté internationale. Elle souhaite un positionnement ferme des partenaires du Togo sur la situation, estimant que le soutien extérieur est crucial pour garantir le respect des droits fondamentaux dans ce contexte de blocage politique.
Les jours à venir s’annoncent décisifs. Alors que les appels à manifester se multiplient, les autorités affirment que ces rassemblements n’ont pas été autorisés et ont renforcé les mesures de sécurité dans le Grand Lomé. Une confrontation semble se profiler entre une jeunesse en quête de changement et un régime qui s’accroche à ses réformes controversées.


