Le Népal tourne une nouvelle page politique avec la nomination d’un cabinet de transition conduit par la Première ministre par intérim, Sushila Karki, première femme à occuper cette fonction. L’ancienne juge en chef a présenté lundi une équipe composée de trois figures reconnues pour leur engagement contre la corruption, dans un contexte marqué par de violentes manifestations ayant provoqué la démission de KP Sharma Oli et fait au moins 72 morts.
Le ministère des Finances revient à Rameshwore Prasad Khanal, ex-secrétaire d’État, connu pour ses propositions de réformes économiques. Kulman Ghising, ancien directeur de la compagnie nationale d’électricité et artisan de la lutte contre les coupures massives de courant, prend la tête du ministère de l’Énergie. Enfin, le portefeuille de l’Intérieur est confié à Om Prakash Aryal, avocat spécialisé dans les droits humains et défenseur d’actions judiciaires d’intérêt public.
Les manifestations, les plus graves depuis plusieurs décennies, ont rassemblé une jeunesse en révolte contre la corruption endémique. Elles ont causé plus de 2.100 blessés et détruit plusieurs infrastructures majeures, dont le siège du gouvernement, la Cour suprême, le Parlement ainsi que des résidences de dirigeants politiques. Des commerces, hôtels et centres commerciaux ont également été incendiés.
Âgée de 73 ans, Sushila Karki, investie officiellement dimanche, est désormais chargée d’organiser les élections nationales prévues pour le 5 mars et de lancer la reconstruction des édifices détruits.


