Lomé a accueilli ce vendredi 28 août 2026 la première édition des Awards des praticiens de la médecine traditionnelle de l’Afrique de l’Ouest (APMTAO). Organisée à l’auditorium de l’Université de Lomé par l’Organisation des chercheurs et médecins holistiques, section Togo (OCMH-Togo), la rencontre a réuni des praticiens, experts et délégations venues de plusieurs pays de la sous-région autour de la reconnaissance, de la transmission des savoirs et de la professionnalisation de la médecine traditionnelle.
Placée sous le slogan « Ensemble, célébrons nos héros », cette première édition entend mettre en lumière des acteurs dont les savoirs et les pratiques occupent une place importante dans les habitudes sanitaires de nombreuses communautés africaines. Elle ambitionne également d’ouvrir une réflexion sur la contribution de la médecine traditionnelle aux systèmes de santé et au développement économique des pays de la sous-région.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le président fondateur de l’OCMH, Jacques-Édouard Bohono Okogo, en présence notamment de Bedi Djinekou Senam et du Dr Koudouvo Koffi. Plusieurs praticiens de la médecine traditionnelle, experts, représentants d’organisations professionnelles et délégations étrangères ont pris part à cette rencontre inaugurale.

Dans son intervention, Jacques-Édouard Bohono Okogo a mis l’accent sur la nécessité de construire un héritage durable et surtout de transmettre les connaissances aux générations futures. Pour lui, la reconnaissance des acteurs du secteur doit aller de pair avec la capacité à laisser des réalisations et des savoirs susceptibles de survivre à leurs initiateurs.
« Si tu veux gagner le monde, il faut laisser un héritage », a-t-il notamment déclaré, appelant les acteurs à documenter leurs expériences et à transmettre leurs acquis de génération en génération.

Président des APMTAO, secrétaire général de l’Association pour la promotion de la médecine traditionnelle du Togo (AMPT) et coordonnateur national de l’OCMH au Togo, Bedi Djinekou Senam a, de son côté, souligné l’importance de la médecine traditionnelle dans les pratiques de santé des populations africaines. Il plaide pour une meilleure prise en compte de cette réalité dans les politiques publiques.
Selon lui, la question dépasse le seul domaine sanitaire. La médecine traditionnelle représente également un enjeu de souveraineté, de développement économique et de création de valeur. De la collecte des matières premières à leur transformation, en passant par la conservation, le conditionnement et la consommation, tout un écosystème peut être structuré autour de ce secteur.
C’est dans cette logique que les promoteurs des APMTAO souhaitent faire de la formation l’un des principaux leviers des prochaines étapes de l’initiative. Des sessions consacrées aux bonnes pratiques de fabrication des médicaments traditionnels améliorés, à la conservation, au conditionnement et à l’étiquetage conforme aux normes internationales sont notamment envisagées.
L’ambition affichée est de former progressivement des formateurs dans les différents pays participants. Ceux-ci pourront ensuite transmettre les connaissances acquises aux praticiens de leurs communautés respectives. À terme, les organisateurs espèrent favoriser l’émergence d’unités et d’industries capables de produire des médicaments traditionnels améliorés répondant aux exigences de qualité et de sécurité.
Les APMTAO se veulent également un espace de reconnaissance des parcours. Plusieurs catégories d’acteurs peuvent être distinguées, notamment les médecins traditionnels, phytothérapeutes, praticiens ritualistes et acteurs de la médecine holistique. Pour cette première édition, les organisateurs ont privilégié l’expérience, avec un minimum de dix années de pratique comme principal critère.
Le Burkina Faso a été mis à l’honneur au cours de cette première édition. Les organisateurs expliquent ce choix par les initiatives développées dans ce pays en faveur de la médecine traditionnelle et par la volonté de faire de certaines de ses expériences une source d’inspiration pour les autres États de la région.
La première promotion des récipiendaires porte ainsi le nom de « Promotion Ibrahim Traoré ». Outre le pays hôte, le Togo, le Bénin, le Ghana, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Conakry et le Nigeria étaient représentés. Le Cameroun, pays lié aux origines de l’organisation, a également participé aux travaux.
Les échanges ont été ponctués par plusieurs communications. Le Dr Sawadogo Yakouba a notamment abordé la question de la « révolution sanitaire » à travers l’expérience du Burkina Faso. M. Akpagan Komlanvi Anoumou s’est intéressé à l’évolution de la médecine traditionnelle, de ses pratiques anciennes aux réalités contemporaines.
Le Dr Koudouvo Koffi, expert et conseiller de l’OCMH et maître de conférences, a pour sa part invité les praticiens à donner davantage de contenu au mérite qui leur est attribué. Il a notamment insisté sur la nécessité de mettre en avant les travaux de recherche, les réalisations et l’impact concret des acteurs dans leurs différents pays.

Au-delà des trophées et des distinctions, cette première édition des APMTAO veut donc poser les bases d’une dynamique régionale autour de la médecine traditionnelle. La formation, la transmission des savoirs, la professionnalisation des pratiques et la valorisation des acteurs constituent les principaux axes défendus par les organisateurs.


