La Douane burkinabè a présenté jeudi 13 août 2026 à Ouagadougou une importante saisie réalisée dans un car de transport en commun. Les produits interceptés, dont 60 millions de FCFA en faux billets, du Tapentadol, du chanvre indien et d’autres produits prohibés, représentent une valeur totale estimée à 75 604 350 FCFA sur le marché local.
L’opération remonte au 23 juillet à Tenkodogo, où le véhicule avait été intercepté avant son acheminement vers Ouagadougou. Une panne survenue le lendemain a interrompu temporairement son transfert. Le car a ensuite été confié à la gendarmerie et aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) de Toécé, en attendant la reprise de la procédure.
Le contrôle a finalement repris le 31 juillet dans les locaux de la Direction générale des Douanes (DGD) à Ouagadougou. La fouille approfondie du coffre a permis aux agents de découvrir plusieurs produits dissimulés dans le véhicule.
Le butin comprend notamment 60 millions de FCFA en fausses coupures de 5 000 FCFA, 99 plaquettes de Tapentadol, 360 plaquettes de Vasilium, dix boules de chanvre indien ainsi que le minibus Yutong utilisé pour le transport, évalué à 10 millions de FCFA.
Selon les agents chargés du contrôle, le conducteur et le convoyeur avaient indiqué transporter diverses marchandises. Ils auraient affirmé ne pas connaître le propriétaire des produits découverts lors de la fouille.
Le propriétaire du véhicule, identifié sous les initiales A.A.T., a pour sa part rejeté toute responsabilité. Il a déclaré avoir découvert la présence des produits prohibés au même moment que les douaniers, tout en reconnaissant leur caractère illégal.

Les autorités douanières ont toutefois décidé de donner une suite judiciaire à l’affaire. Le Directeur général des Douanes, le Commissaire divisionnaire Dr Yves Kafando, a confirmé l’interpellation du propriétaire et du chauffeur et annoncé l’ouverture d’une procédure afin que les personnes éventuellement impliquées puissent répondre devant la justice.
« Nous ne pouvons pas transiger sur la drogue, nous ne pouvons pas transiger sur des produits aussi nocifs que le Tapentadol, nous ne pouvons pas transiger sur de faux billets de banque », a-t-il déclaré.
Le responsable douanier a également établi un lien entre cette saisie et la lutte contre les réseaux susceptibles de contribuer au financement de l’insécurité. Les faux billets doivent être conservés sous scellés comme éléments matériels de la procédure.
Pour le Dr Yves Kafando, cette opération illustre également la nécessité d’adapter en permanence les méthodes de contrôle. Il a salué le travail des agents et appelé les équipes douanières à maintenir un niveau élevé de vigilance face à l’évolution des techniques utilisées par les réseaux de contrebande.
La Douane burkinabè entend ainsi poursuivre ses opérations de contrôle sur le territoire national afin de lutter contre la fraude, la circulation des produits prohibés et les pratiques susceptibles de fragiliser l’économie et la sécurité du pays.


