Madagascar entre dans une nouvelle phase d’incertitude politique. Le colonel Michael Randrianirina, nouvel homme fort du pays, a annoncé qu’il prêterait serment comme président de la refondation de la République ce vendredi, à la suite du renversement du président Andry Rajoelina.
Le militaire a assuré être ouvert à des discussions avec l’Union africaine (UA), qui a immédiatement suspendu Madagascar de ses instances après le coup de force. « La décision de l’Union africaine était attendue. Il y aura désormais des négociations en coulisses », a déclaré Randrianirina jeudi devant la presse.
L’organisation panafricaine, tout en dénonçant un changement anticonstitutionnel de gouvernement, a appelé à un retour rapide à l’ordre civil et à l’organisation d’élections libres.
De son côté, le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a fermement condamné la prise de pouvoir et exhorté l’ensemble des acteurs malgaches à « s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité ». Il a également réaffirmé la disponibilité de l’ONU à accompagner le pays vers un retour à la légalité constitutionnelle.
L’ancien président Andry Rajoelina, destitué par le Parlement après sa fuite à l’étranger, refuse toujours de reconnaître le nouveau régime. Malgré les manifestations de la jeunesse et les défections au sein de l’armée, il continue de revendiquer sa légitimité.
Le colonel Randrianirina, autrefois proche de Rajoelina, avait déjà joué un rôle clé lors du coup d’État de 2009 avant de s’en détacher. Il affirme que l’armée gouvernera le pays pendant deux ans, le temps de « refonder les institutions » et d’organiser de nouvelles élections.
Dans un contexte où plus de 70 % des Malgaches vivent sous le seuil de pauvreté, cette crise politique risque d’aggraver davantage la fragilité économique du pays. Avec une population jeune – dont l’âge moyen ne dépasse pas vingt ans – Madagascar reste à la croisée des chemins, entre aspirations démocratiques et instabilité chronique.


