L’Égypte cherche à sécuriser durablement son approvisionnement énergétique. Selon plusieurs sources citées par Reuters, Le Caire mène actuellement des discussions avec plusieurs grands acteurs internationaux du secteur, notamment Shell, BP, TotalEnergies et le négociant Hartree Partners, en vue de conclure des contrats d’importation de gaz naturel liquéfié (GNL) d’une durée de trois à cinq ans.
Les négociations portent sur l’achat de 15 à 18 cargaisons de GNL par mois, un volume destiné à compenser la baisse continue de la production nationale et à répondre à une demande intérieure en constante augmentation.
Cette initiative intervient dans un contexte particulièrement tendu sur le marché mondial du gaz. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, notamment autour du détroit d’Ormuz, ainsi que les conséquences persistantes de la guerre en Ukraine, continuent de perturber les chaînes d’approvisionnement et d’intensifier la concurrence entre les pays importateurs.
Selon les informations recueillies, les nouveaux contrats pourraient représenter une facture annuelle comprise entre 8 et 11 milliards de dollars, en fonction des prix du marché et des conditions négociées. Une telle dépense constituerait un défi supplémentaire pour les finances publiques égyptiennes, déjà fragilisées par un niveau élevé d’endettement et une forte pression sur la monnaie nationale.
Les importations de gaz naturel de l’Égypte ont déjà fortement augmenté ces derniers mois. D’après des documents consultés par Reuters, le pays a importé près de 985 milliards de pieds cubes de gaz entre juillet 2025 et juin 2026. Ce volume devrait atteindre 1 081 milliards de pieds cubes sur la période allant de juillet 2026 à juin 2027.
Cette hausse s’explique par le recul de la production nationale. Celle-ci est tombée à moins de 4,4 milliards de pieds cubes par jour au cours de l’exercice 2025-2026 et devrait encore diminuer pour s’établir autour de 4,2 milliards de pieds cubes par jour cette année.
Pour les analystes, ces contrats à moyen terme permettront à l’Égypte de réduire sa dépendance au marché spot, particulièrement volatil en période de tensions internationales, tout en garantissant une meilleure sécurité énergétique.
Si les discussions aboutissent, elles constitueraient l’un des plus importants programmes d’importation de GNL jamais engagés par l’Égypte, illustrant la volonté des autorités de sécuriser durablement l’approvisionnement du pays en énergie.


