Dans un contexte où de nombreux jeunes peinent encore à s’exprimer et à faire entendre leurs idées, La Nuit des Orateurs se présente comme une tribune d’expression et de valorisation du potentiel intellectuel de la relève togolaise.
Pour mieux comprendre l’objectif et la portée de cette initiative, Togo Regard est allé à la rencontre de Jules Wilson, coordonnateur de l’événement. À travers notre échange, il revient sur les motivations, les ambitions et l’impact attendu de cette rencontre où la parole devient un levier de leadership et d’influence positive.
Togo Regard: Qu’est-ce qui a motivé l’organisation de la nuit des orateurs ?
Jules Wilson : Notre motivation est double. Premièrement, nous constatons un déficit de tribunes où la jeunesse peut exprimer son plein potentiel d’influence et de leadership. Deuxièmement, nous croyons fermement que l’éloquence n’est pas un luxe, mais une nécessité. Elle est l’outil indispensable pour mobiliser, convaincre et porter des projets de développement. Nous avons créé ce concours pour transformer les idées en actions, et les orateurs en acteurs du changement.
TR: Quel est l’objectif principal de cette grande finale de l’éloquence ?
JW: L’objectif principal est de dénicher, former et propulser la future génération de leaders togolais. Nous cherchons La Voix de l’Influence Positive, c’est-à-dire l’orateur(rice) qui, au-delà du talent oratoire, est capable d’articuler une vision claire, de proposer des solutions concrètes et d’incarner l’engagement citoyen nécessaire à l’atteinte de la Vision 2026.
TR: Quelles sont les particularités de cette édition par rapport aux précédentes (ou par rapport à d’autres concours)?
JW: Cette édition est unique car elle intègre le Pitch de Projets comme épreuve décisive. Nous ne notons plus seulement l’art de bien dire, mais surtout l’art de bien faire. Les finalistes ne sont pas de simples débatteurs ; ce sont des entrepreneurs sociaux et des innovateurs qui viennent présenter leur prototype et leur plan d’Impact devant un jury d’experts. C’est le passage du discours à l’action.
TR: Comment s’est déroulé le processus de sélection des finalistes ?
JW: Le processus a été rigoureux. Il s’est déroulé en plusieurs phases éliminatoires, évaluant non seulement la fluidité verbale, mais aussi la capacité d’analyse, la pertinence des arguments et la réactivité face aux contre-arguments. Les candidats ont été jugés sur leur capacité à défendre des thèmes complexes liés au développement socio-économique, assurant ainsi que seuls les plus complets et les plus engagés accèdent à cette grande finale.
TR: Pourquoi avoir choisi le thème :« Vision 2026 : La jeunesse comme acteur principal du développement socio-économique durable » ?
JW: Nous avons choisi ce thème car il est au cœur de l’urgence nationale. L’avenir du Togo repose sur trois piliers : l’Innovation pour dépasser les méthodes obsolètes, les Solutions pour résoudre les problèmes du quotidien, et l’Impact mesurable. En plaçant la jeunesse comme “acteur principal”, nous lui donnons la pleine responsabilité et la légitimité de concevoir cet avenir, en accord avec les objectifs nationaux de développement.
TR: Selon vous, quelles qualités définissent un bon orateur de nos jours ?
JW: Un bon orateur aujourd’hui doit posséder bien plus que le charisme. Il doit avoir la clarté pour simplifier la complexité, l’authenticité pour créer un lien de confiance avec son auditoire, et surtout, la responsabilité éthique. C’est un leader qui utilise sa voix non pour son seul bénéfice, mais pour le bien commun, en portant des idées de développement et de progrès.
TR: Quels impacts espérez vous que cet événement aura sur les jeunes participants et le public en général ?
JW: Pour les participants, nous espérons un impact transformateur en termes de leadership et de faisabilité de projet. Pour le public, nous voulons un impact de sensibilisation et de mobilisation. Notre ambition est que chaque spectateur reparte avec la conviction qu’il est possible d’être un acteur de changement et que l’éloquence est la première étape vers la réalisation concrète.
TR: Quels sont les soutiens ou partenaires qui vous accompagnent dans l’organisation ?
JW: Nous sommes fiers d’être accompagnés par des partenaires dont la vision est alignée sur l’autonomisation de la jeunesse. Nous avons sollicité le soutien de Africa Coworkers, Richard Consulting et des Joutes Verbales francophones. Leur engagement confirme la pertinence et le sérieux de notre initiative.
TR: Après la finale, qu’est ce qui est prévu pour les lauréats ? (accompagnent, opportunités…)
JW: L’obtention du titre n’est que le début. Les lauréats bénéficieront d’un accompagnement personnalisé pour la maturation et la mise en œuvre de leurs projets (notamment via des incubateurs et le réseau de nos partenaires). Ils deviendront les ambassadeurs de notre organisation, bénéficiant d’un coaching continu pour amplifier leur rayonnement et leur impact positif sur le terrain. Ils bénéficieront également de plusieurs prix y compris aussi des voyages
TR: Quels messages aimeriez vous adresser à la jeunesse et à ceux qui souhaitent participer aux prochaines éditions ?
JW : À la jeunesse, nous disons : cessez de murmurer, commencez à crier ! Vous êtes l’acteur principal de l’histoire qui s’écrit. Formez-vous, lisez, engagez-vous, et maîtrisez l’art de convaincre. Et à ceux qui hésitent pour la prochaine édition : préparez-vous non pas à un concours d’éloquence, mais à un tremplin vers le leadership. Le monde attend vos solutions.
Étant au four et au moulin, il coordonne minutieusement l’organisation de La Nuit des Orateurs, avec l’espoir de voir naître une soirée riche en émotions et à la hauteur des attentes. Derrière cette rigueur et cet engagement, se trouve un homme passionné, porté par une vision et des convictions fortes.
TR: D’où vous vient cette passion pour l’éloquence et le leadership que vous mettez aujourd’hui au service de l’organisation ?
JW: Ma passion est née d’une frustration : celle de voir d’excellentes idées échouer faute d’une communication percutante. L’éloquence est le pont entre l’intention et l’impact. Quant au leadership, il est la responsabilité d’organiser les talents. Cet événement est la concrétisation de cette double conviction : en donnant la parole à une jeunesse préparée et en la structurant, nous lui offrons le pouvoir de transformer son environnement
TR: Pour vous, quel est le moment le plus marquant que vous avez vécu dans l’organisation de cet événement ?
JW : Le moment le plus marquant a été lors de la phase de présélection, en écoutant un candidat très timide, initialement hésitant, se transformer sous nos yeux. En seulement quelques minutes, il a réussi à défendre ses idées avec une force et une conviction inattendue. Voir cette étincelle de confiance s’allumer en lui, réalisant que sa voix comptait, a justifié à lui seul tout l’investissement et les efforts fournis par notre équipe. C’est l’essence même de l’Influence Positive que nous cherchons à créer.
La rencontre est donc fixée au 27 décembre 2025, date à laquelle les mots s’entremêleront pour porter idées, convictions et visions.

Propos recueillis par ABALO Edoh A.H. à Lomé


