L’Espagne a dévoilé mercredi de nouvelles mesures visant à freiner la propagation de fausses nouvelles, suscitant des accusations de censure de la part de l’opposition conservatrice. Le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez a défendu cette initiative devant la Chambre des députés, affirmant que la démocratie ne peut exister sans médias libres et de qualité. « Sans sources d’information fiables et diversifiées, les citoyens sont aveugles, » a-t-il déclaré.
Cette proposition intervient alors que le débat sur la liberté des médias et la lutte contre les contenus trompeurs s’intensifie, notamment avec les élections au Parlement européen et d’autres scrutins en Europe, en Inde et aux États-Unis. En Espagne, comme ailleurs, les plateformes sociales et les applications de messagerie jouent un rôle croissant dans la diffusion de l’information, souvent surpassant les médias traditionnels en termes de portée.
Les nouvelles règles, selon Sanchez, s’appliqueront à tous les médias et permettront à l’Espagne de se conformer à la loi européenne sur la liberté des médias adoptée en mars dernier. Cette loi vise à réguler les médias tout en protégeant les journalistes contre l’espionnage étatique et la divulgation forcée de leurs sources.
Le Parti populaire conservateur a critiqué le moment choisi pour introduire ce projet de loi, soulignant qu’il survient deux jours avant que l’épouse de Sanchez, Begona Gomez, ne comparaisse devant le tribunal pour une enquête de corruption. Sanchez a qualifié cette affaire de fausses nouvelles propagées par les médias de droite avec le soutien des partis d’opposition.
Décrivant le projet comme une « loi de censure », le Parti populaire a affirmé sur la plateforme X que Sanchez cherche à contrôler les médias critiques et a appelé à défendre la liberté d’expression.
Sanchez a précisé que le gouvernement ne donnerait pas de « sceau d’approbation » à aucun média. Il a également proposé d’exiger des médias qu’ils identifient leurs actionnaires influençant la politique éditoriale, divulguent les montants reçus en publicité financée par des fonds publics et des pays tiers, et fournissent des données d’audience transparentes.
Pour soutenir la transition numérique des médias traditionnels, Sanchez a annoncé une subvention de 100 millions d’euros (109 millions de dollars).


