Coup de tonnerre dans l’actualité politique malienne. Ce mardi 13 mai 2025, le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a officiellement promulgué la Loi N°2025-005, qui abroge purement et simplement deux textes clés de la vie politique du pays : la Charte des partis politiques de 2005 et le statut de l’opposition adopté en 2015.
Adoptée en Conseil des ministres, puis votée par les instances de la Transition, cette nouvelle loi supprime, dans toutes leurs dispositions, les lois N°05-047 du 18 août 2005 et N°2015-007 du 4 mars 2015, qui encadraient jusque-là la création, le fonctionnement et la reconnaissance des partis politiques ainsi que des droits spécifiques pour l’opposition.
L’article 1er de cette loi ne laisse aucune ambiguïté : les anciens textes sont désormais caducs. Quant à l’article 2, il annonce qu’une nouvelle loi viendra encadrer les conditions de formation et d’exercice des partis politiques, dans le respect des dispositions de la Constitution. Ce vide juridique temporaire suscite déjà de vives interrogations, tant au sein de la classe politique que parmi les observateurs de la vie publique.
Cette décision intervient dans un contexte de refondation institutionnelle annoncée par les autorités de la Transition, qui affirment vouloir poser les bases d’un nouvel ordre politique plus inclusif et plus stable. Toutefois, pour de nombreux analystes, l’abrogation simultanée de ces deux piliers du pluralisme démocratique pourrait marquer un recul inquiétant dans l’expression politique au Mali, en l’absence immédiate d’un nouveau cadre juridique clair.
Pour l’heure, aucune date n’a été communiquée quant à l’adoption de la future loi sur les partis politiques. En attendant, le paysage politique malien entre dans une phase d’incertitude, où les repères institutionnels traditionnels sont en pleine reconfiguration.


