Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a déclaré que le Sénégal refusait de se plier à la demande du Fonds monétaire international (FMI) de restructurer sa dette, estimant qu’une telle mesure serait « une honte » pour le pays.
S’exprimant lors d’un rassemblement du parti au pouvoir Pastef à Dakar, le chef du gouvernement a dénoncé une dette « abyssale » héritée de l’ancien régime. « Ce que propose le FMI, c’est une restructuration de cette dette dont le parti de Macky Sall nous a accablés. Nous avons dit à nos partenaires que nous ne voulions pas de restructuration, car ce serait une honte pour le Sénégal », a martelé Sonko.
Le FMI, qui a récemment conclu une mission au Sénégal sans parvenir à un nouvel accord de prêt, avait suspendu l’an dernier un précédent programme de 1,8 milliard de dollars après la découverte de dettes cachées. Celles-ci auraient depuis grimpé à plus de 11 milliards de dollars, soit environ 132 % du PIB selon les estimations de l’institution internationale.
Pour le gouvernement sénégalais, accepter une restructuration reviendrait à reconnaître une mauvaise gestion. « Cela laisserait entendre que le Sénégal est un mauvais élève qui a emprunté pour voler », a ajouté le Premier ministre, insistant sur la dignité et la responsabilité du peuple sénégalais.
Du côté du FMI, les discussions se poursuivent. Le chef de mission, Edward Gemayel, a précisé qu’une analyse de viabilité de la dette était en cours afin d’évaluer la nécessité éventuelle d’une restructuration. Toutefois, pour bénéficier d’un nouveau programme, Dakar devra démontrer sa capacité à ramener sa dette à un niveau soutenable.
En août dernier, Ousmane Sonko a présenté un ambitieux plan de relance économique visant à financer 90 % des projets à partir de ressources internes, sans recours excessif à l’endettement extérieur.


