Une série d’ateliers se tient du 20 au 27 août 2026 à Lomé autour de l’Accord sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale, connu sous le nom d’accord BBNJ.
Les rencontres réunissent plusieurs catégories d’acteurs, notamment les administrations publiques, les services techniques, les collectivités littorales, les organisations de la société civile et les médias. Elles visent à renforcer leur compréhension du traité et à recueillir les différents éléments nécessaires à la préparation de la position nationale du Togo.
Cette démarche intervient en prélude à la première Conférence des Parties à l’Accord BBNJ, prévue en janvier 2027 au siège des Nations unies à New York. Pour le Togo, l’enjeu est notamment de mieux maîtriser les mécanismes prévus par le traité afin de pouvoir défendre ses intérêts dans les discussions internationales sur la gouvernance de la haute mer.
Les ateliers sont organisés par le Haut Conseil pour la Mer (HCM), avec l’appui de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), dans le cadre du programme West Africa Sustainable Ocean Programme 3 (WASOP3), financé par l’Union européenne.
Le pays poursuit parallèlement son processus de ratification. Signé par le Togo en septembre 2023, l’accord a franchi une première étape au niveau national avec son adoption en première lecture par l’Assemblée nationale le 30 juin 2026.
Entré en vigueur le 17 janvier 2026 après avoir atteint le nombre requis de ratifications, le BBNJ établit un cadre international consacré à plusieurs aspects de la protection de la biodiversité en haute mer. Il porte notamment sur les ressources génétiques marines et le partage des avantages, les outils de gestion par zone, les études d’impact environnemental, ainsi que le renforcement des capacités et le transfert de technologies marines.
Pour Lomé, les discussions revêtent également une dimension économique. Selon le ministère chargé de l’Économie maritime, environ 70 % des activités économiques du pays sont liées au littoral, tandis que la pêche représente 4,5 % du produit intérieur brut. La gestion durable des espaces marins apparaît donc directement liée aux activités et aux moyens de subsistance de nombreuses communautés.
Barthélémy Bationo, coordonnateur régional du West Africa Sustainable Ocean Programme, estime que la préservation des écosystèmes marins et côtiers constitue une condition importante pour le développement d’une économie bleue durable. Le programme WASOP, mis en œuvre par l’UICN dans 13 pays côtiers d’Afrique de l’Ouest avec le financement de l’Union européenne, accompagne notamment les pays dans le renforcement des capacités institutionnelles, les aires marines protégées et la recherche.
Les échanges mettent également l’accent sur les compétences nécessaires à la mise en œuvre des politiques liées à l’océan. Pour Anthé Komi, directeur général de l’ODEF et représentant du ministre de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique, protéger l’océan revient aussi à préserver durablement la pêche et les moyens de subsistance des communautés.

Le responsable souligne ainsi la nécessité de disposer de compétences dans plusieurs domaines, notamment l’océanographie, la biologie marine, l’ingénierie, les données océaniques, le droit et l’entrepreneuriat. À travers ces ateliers, le Togo cherche donc à mieux préparer ses acteurs aux prochaines discussions internationales et à renforcer sa capacité à défendre ses intérêts dans la gouvernance des océans.


