À l’occasion de la Fête internationale du travail, les employés des banques et des compagnies d’assurances du Togo ont fait une pause; mais aussi ils ont pris la parole. Réunis ce 1er mai 2026 à Lomé, au siège de BIA-Togo, ils ont transformé cette journée en tribune pour exprimer leurs attentes et leurs inquiétudes.
À l’initiative des syndicats SYNBANK et SYNASSUR, la rencontre s’est tenue autour du thème : « Dialogue social et travail décent, des facteurs de paix, de cohésion nationale et de développement ». Avant même les discours, un défilé dans les rues de la capitale a donné le ton, entre mobilisation et esprit de solidarité.

Sur place, les interventions ont été franches. Pour les responsables syndicaux, il ne s’agit plus seulement de célébrer, mais d’alerter. Conditions de travail, stabilité de l’emploi, protection sociale ou encore formation professionnelle sont autant de sujets jugés urgents dans un secteur en pleine mutation.

Le secrétaire général du SYNBANK, Baba Awoula Yati, n’a pas mâché ses mots. Il a rappelé que la défense des droits des travailleurs reste une priorité absolue, tout en pointant du doigt certaines fragilités du système bancaire, notamment la montée des crédits à risque. Il a souligné que : « Le taux brut de dégradation du portefeuille de crédit a connu une remontée préoccupante, atteignant 13 % en 2025 contre 7 % en 2024. Pour lui, il devient indispensable de renforcer les outils de gestion et de redonner toute sa place à la formation professionnelle.
Autre sujet sensible soulevé était, la précarité de l’emploi. Les syndicats dénoncent notamment les contrats jugés instables, qui fragilisent une partie des travailleurs. Ils appellent à des réformes concrètes pour sécuriser les parcours professionnels et garantir une meilleure application des textes existants.
Du côté des assurances, le discours va dans le même sens. Le secrétaire général du SYNASSUR, Ico Comlan Mabudu, a insisté sur la nécessité de moderniser le secteur tout en plaçant l’humain au cœur des priorités. Il a également apporté son soutien aux employés touchés par des licenciements, notamment au sein de SUNU Bank Togo.
Au fil des échanges, une idée revient avec insistance :sans un dialogue sincère entre travailleurs, employeurs et autorités, il sera difficile de construire un secteur financier solide et durable.

Au terme de la journée, le message est resté clair. Les syndicats SYNBANK et SYNASSUR appellent à plus d’écoute, plus d’équité et surtout plus d’actions concrètes. Derrière les discours, une attente forte; celle d’un environnement de travail plus juste, capable de soutenir le développement du secteur et ceux qui le font vivre au quotidien.


