Le Venezuela renforce ses préparatifs militaires face à la menace d’une intervention américaine. Selon des sources proches de l’armée citées par Reuters, le gouvernement de Nicolás Maduro déploie du matériel de fabrication russe, souvent obsolète, et planifie des stratégies de résistance de type guérilla combinées à des opérations de désordre organisé. Ces préparatifs révèlent la fragilité structurelle d’une armée marquée par le manque de formation, de moyens et de matériel.
Alors que l’ancien président américain Donald Trump a évoqué la possibilité d’opérations terrestres, Caracas affirme être prêt à toute éventualité. Nicolás Maduro, au pouvoir depuis 2013, soutient que Washington cherche à le renverser et promet que le peuple vénézuélien résistera à toute agression. Des manœuvres militaires ont d’ailleurs été relancées dans tout le pays. Toutefois, plusieurs sources estiment que l’armée vénézuélienne, minée par la pauvreté, les faibles salaires et la vétusté de son équipement, ne pourrait résister qu’à peine deux heures à une guerre conventionnelle. Certains officiers auraient même recours à des producteurs locaux pour nourrir leurs troupes.
Face à ces limites, le régime aurait élaboré deux plans complémentaires. Le premier, baptisé « résistance prolongée », consisterait en une guerre de guérilla menée par de petites unités réparties sur plus de 280 zones stratégiques. Le second, appelé « anarchisation », viserait à provoquer un chaos total dans les grandes villes, notamment Caracas, grâce à l’action des services de renseignement et des partisans armés du pouvoir. Environ 60 000 soldats et gardes nationaux participeraient à cette riposte, épaulés par quelques milliers de civils formés à la défense du territoire.
Sur le plan militaire, le Venezuela dispose essentiellement d’avions de chasse Sukhoi et de missiles portables Igla datant des années 2000. Malgré leur âge, Maduro assure que ces armes sont déployées sur tout le territoire et prêtes à l’emploi. Caracas a par ailleurs sollicité la Russie pour la réparation et la modernisation de ses systèmes radar et de son aviation. Les observateurs notent cependant que cette démonstration de force relève davantage de la dissuasion symbolique que d’une réelle capacité militaire.
Pour plusieurs experts, la stratégie de Maduro repose sur un message clair : toute attaque étrangère transformerait le Venezuela en champ de chaos. Une manière pour le président vénézuélien de rappeler qu’en cas d’invasion, la résistance pourrait dépasser le cadre militaire pour devenir une lutte de survie nationale.


