Au Nigeria, le chef du mouvement séparatiste Nnamdi Kanu a été condamné jeudi par un tribunal fédéral à l’issue d’un procès très suivi à Abuja. Le juge James Omotosho a estimé que le ministère public avait apporté suffisamment d’éléments pour établir la responsabilité du dirigeant d’IPOB dans une série d’attaques meurtrières survenues dans le sud-est du pays.
D’après la décision, les déclarations publiques et les directives diffusées par Kanu à destination de ses partisans auraient encouragé des agressions contre des membres des forces de sécurité et des civils dans le cadre de sa campagne pour l’indépendance du Biafra, une région majoritairement peuplée d’Igbo. Cette condamnation intervient dans un contexte sécuritaire tendu, marqué par la montée des violences depuis l’interdiction du mouvement IPOB par les autorités nigérianes.
La question biafraise demeure extrêmement sensible au Nigeria. La tentative de sécession menée en 1967 avait conduit à une guerre civile qui s’était étendue sur trois années et coûté la vie à plus d’un million de personnes. Plus d’un demi-siècle plus tard, les revendications indépendantistes demeurent présentes, alimentées par un sentiment persistant de marginalisation dans une partie de la population de la région.
Le jugement rendu relance le débat sur la gestion des mouvements autonomistes et la stratégie employée par l’État fédéral pour y répondre. Pour les partisans de Kanu, la condamnation est perçue comme une décision politique visant à museler un mouvement militant. Pour les autorités, elle vise au contraire à garantir l’ordre public et à lutter contre les violences attribuées à IPOB ces dernières années.


