Le Togo mise à nouveau sur l’action locale pour faire face aux effets du changement climatique. Le ministère de l’Administration territoriale, en partenariat avec plusieurs acteurs dont Expertise France, a lancé à Lomé la phase 4 du projet de la Convention des Maires pour l’Afrique subsaharienne pour le climat (CoMSSA).
Cette nouvelle étape s’inscrit dans la continuité d’un programme soutenu par l’Union européenne, qui vise à accompagner les collectivités territoriales dans leurs politiques d’adaptation et d’atténuation, tout en facilitant l’accès à une énergie durable.
Au fil des précédentes phases, le projet a permis de structurer un réseau de villes engagées et d’élaborer des plans d’action climat-énergie. Désormais, l’enjeu est plus concret : passer de la planification à la mise en œuvre effective des projets sur le terrain.
Représentant le ministre, le directeur de la décentralisation, Pali Essissinam, a insisté sur l’urgence d’agir face à des phénomènes déjà visibles dans le pays : inondations, sécheresses, érosion côtière ou encore vagues de chaleur. « Les collectivités locales sont en première ligne », a-t-il rappelé, soulignant leur rôle central dans la réponse aux défis climatiques.
Cette phase 4 repose sur trois axes principaux : renforcer les capacités des communes en matière de planification climatique, mobiliser davantage d’investissements pour des projets d’adaptation et d’atténuation, et améliorer la gouvernance à travers le partage d’expériences.

Deux communes pilotes ont été retenues pour cette nouvelle étape : Kloto 1 et Tchaoudjo 1. Déjà dotées de plans climat-énergie, elles sont désormais appelées à les traduire en actions concrètes, notamment dans les domaines de l’énergie propre, de l’agriculture durable et de la résilience face aux changements climatiques.
Pour le maire de Kloto 1, Atigaku Kossi Emile, l’enjeu est clair : il s’agit de passer à une phase opérationnelle, avec des projets visibles et mesurables pour les populations.
Même approche du côté d’Expertise France, dont le chef de projet Jeremy Cebrià insiste sur la nécessité de privilégier des initiatives réalistes, capables de produire des résultats rapides et durables. L’objectif est aussi de faciliter l’accès aux financements pour soutenir ces projets.
Au-delà des communes pilotes, l’ambition est plus large. Le projet entend servir de modèle pour l’ensemble des 117 communes du Togo, en s’appuyant sur une meilleure compréhension des besoins locaux et des mécanismes de financement adaptés.
À travers cette relance, les autorités togolaises et leurs partenaires veulent ancrer l’action climatique dans le quotidien des territoires. Une approche qui repose sur une idée simple : les solutions globales passent aussi, et surtout, par des actions locales bien ciblées.


