Les États-Unis s’apprêtent à envoyer environ 200 soldats au Nigeria afin de renforcer les capacités de l’armée nigériane dans la lutte contre les groupes islamistes armés. L’annonce a été faite mardi par un responsable américain, quelques semaines après que le président Donald Trump a ordonné des frappes aériennes visant ce qu’il a qualifié de « cibles de l’État islamique ».
La semaine dernière, l’armée américaine avait déjà confirmé l’envoi d’une équipe restreinte de militaires sur le sol nigérian, sans en préciser le nombre. Il s’agissait de la première reconnaissance officielle d’une présence américaine au sol depuis les frappes menées le jour de Noël.
Selon la même source, les 200 soldats supplémentaires viendront renforcer un contingent déjà déployé pour accompagner et former les forces locales. « Il pourrait y avoir davantage d’interventions militaires américaines au Nigeria », a déclaré Donald Trump, laissant entrevoir un engagement plus large de Washington dans la région.
D’après des informations rapportées par Reuters, les États-Unis effectuent également des vols de surveillance depuis le Ghana au-dessus du territoire nigérian, et ce depuis au moins fin novembre. Le Commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM) n’a pas immédiatement réagi aux demandes de commentaires.
Cette décision intervient dans un contexte de pressions accrues de Washington sur Abuja. Donald Trump a accusé le Nigeria de ne pas assurer une protection suffisante des chrétiens face aux violences de groupes islamistes opérant principalement dans le nord du pays. Le gouvernement nigérian rejette ces accusations, affirmant qu’il combat indistinctement tous les groupes armés responsables d’attaques contre des civils, qu’ils soient chrétiens ou musulmans.
Depuis 17 ans, le Nigeria est confronté à une insurrection persistante menée notamment par Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). Ces dernières semaines, les attaques contre les convois militaires et les populations civiles se sont intensifiées, en particulier dans le nord-ouest, devenu l’un des principaux foyers de violence.
Avec plus de 230 millions d’habitants, le Nigeria est le pays le plus peuplé d’Afrique. Sa population est répartie de manière quasi équilibrée entre chrétiens, majoritaires dans le sud, et musulmans, majoritaires dans le nord, un équilibre fragile dans un contexte sécuritaire toujours instable.


