La Tanzanie se projette déjà vers 2029. Cette année-là, le pays siégera comme membre non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies, une étape diplomatique majeure qui pourrait renforcer son poids sur la scène internationale.
L’adhésion à cet organe stratégique de l’Organisation des Nations unies interviendra un an après la présidence tanzanienne de l’Union africaine prévue en 2028. À Dar es Salaam, les autorités y voient un enchaînement cohérent. L’objectif affiché est clair : peser davantage dans les discussions sur la paix, la sécurité et le développement, tout en consolidant la stabilité régionale.

Lors d’un point de presse à la State House, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération en Afrique de l’Est, Mahmoud Thabit Kombo, a souligné que ce siège offrira à la Tanzanie une tribune privilégiée pour défendre ses priorités nationales et régionales. Selon lui, un environnement plus stable en Afrique de l’Est peut réduire les coûts logistiques, fluidifier les échanges commerciaux et encourager les investissements.
Le port de Dar es Salaam, carrefour stratégique pour plusieurs pays enclavés de la région, est directement concerné. Une amélioration du climat sécuritaire pourrait renforcer son attractivité et soutenir les infrastructures qui l’entourent.
Le chef de la diplomatie tanzanienne a également insisté sur un point souvent moins visible : le lien entre stabilité et notation de crédit. Un pays perçu comme sûr emprunte à de meilleures conditions. À l’inverse, l’instabilité renchérit le coût de la dette et décourage les investisseurs. Pour Dar es Salaam, la sécurité n’est donc pas seulement un enjeu politique, mais aussi économique.
Le Conseil de sécurité des Nations unies, composé de cinq membres permanents – la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis – et de dix membres non permanents élus pour deux ans, reste l’organe central chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Y siéger permet d’influencer les grandes décisions en matière de sanctions, de maintien de la paix ou d’interventions internationales.
Sur le plan continental, la présidente Samia Suluhu Hassan devrait prendre la tête de l’Union africaine en 2028. Elle deviendrait ainsi la troisième dirigeante tanzanienne à occuper cette fonction, après Jakaya Kikwete et Julius Nyerere. Lors de la 39e session ordinaire de l’UA, elle a été désignée championne pour la santé maternelle et infantile, ainsi que pour la promotion de la cuisine et de l’énergie propres en Afrique, notamment à travers des initiatives comme le programme M-Mama.
Les autorités mettent en avant des progrès notables dans le secteur de la santé, avec une baisse significative du taux de mortalité maternelle ces dernières années. Parallèlement, les États membres de l’Union africaine se sont engagés à accroître les financements consacrés à des secteurs clés comme la santé, l’éducation et l’agriculture, dans la perspective des objectifs de développement fixés à l’horizon 2030.
En combinant ambitions diplomatiques et priorités sociales, la Tanzanie cherche à s’affirmer comme un acteur stabilisateur et moteur en Afrique de l’Est. Reste à voir comment cette séquence 2028-2029 redéfinira sa place sur l’échiquier international.


