Près de 300 ressortissants ghanéens ont quitté l’Afrique du Sud mercredi pour regagner Accra, dans un climat de fortes tensions liées à la montée des manifestations anti-immigration dans le pays. Ce rapatriement volontaire intervient après plusieurs semaines de violences et d’actes de harcèlement visant des migrants originaires d’autres pays africains.
Le groupe, composé d’hommes, de femmes et d’enfants, a embarqué depuis Johannesburg à bord d’un vol spécial organisé avec l’appui des autorités ghanéennes et sud-africaines. Selon les responsables impliqués dans l’opération, plusieurs centaines d’autres personnes auraient également manifesté leur volonté de rentrer au Ghana par crainte pour leur sécurité.
Les autorités sud-africaines ont indiqué travailler actuellement sur une liste d’environ 800 ressortissants ghanéens souhaitant quitter le territoire. Une grande partie d’entre eux se trouveraient en situation irrégulière, selon un responsable de l’immigration sud-africaine cité par les médias locaux.
Face à cette situation, l’ambassade du Ghana en Afrique du Sud a délivré des documents de voyage d’urgence afin de permettre aux personnes concernées de rentrer sans complications administratives. À leur arrivée à Accra, les rapatriés ont été accueillis par le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, qui leur a promis un accompagnement psychosocial ainsi qu’un soutien financier pour faciliter leur réinsertion.
Le chef de la diplomatie ghanéenne a également assuré que son pays continuerait de protéger ses citoyens vivant à l’étranger. Parmi les personnes rapatriées figuraient notamment plusieurs migrants détenus en Afrique du Sud pour des problèmes liés à leurs visas, dont le retour a été négocié par les autorités ghanéennes.
Cette vague de départs survient dans un contexte particulièrement tendu en Afrique du Sud où les manifestations contre l’immigration clandestine se multiplient. Certains groupes accusent les étrangers d’être responsables de l’augmentation de la criminalité et du chômage, dans un pays où le taux de chômage avoisine les 30 %.
Les violences contre les migrants africains ont ravivé les inquiétudes autour de la xénophobie en Afrique du Sud, un phénomène régulièrement dénoncé par les organisations de défense des droits humains. Plusieurs migrants disent subir intimidations, agressions et discriminations dans certains quartiers.
Malgré cette situation, les autorités des deux pays tentent d’éviter une crise diplomatique. Le haut-commissaire du Ghana en Afrique du Sud, Benjamin Quashie, a expliqué que ces opérations de retour volontaire visaient aussi à apaiser les tensions tout en maintenant de bonnes relations entre Accra et Pretoria.
De leur côté, les autorités sud-africaines ont condamné les violences visant les étrangers et promis de renforcer les mesures contre les attaques xénophobes. Le gouvernement affirme que ces actes sont contraires aux valeurs démocratiques du pays.


