La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, a déjà vendu environ un million de tonnes pour la campagne d’exportation 2026-2027. Cependant, les autorités ont commencé à ralentir le rythme des ventes en raison des incertitudes liées aux conditions climatiques attendues avec le phénomène El Niño, selon plusieurs sources proches du secteur.
Le Conseil du café-cacao (CCC), basé à Abidjan, a également revu à la hausse sa prime sur les ventes supplémentaires, passant de zéro à au moins 100 livres sterling (environ 135 dollars) par tonne au-dessus du prix à terme. Cette décision traduit une stratégie de prudence dans un marché mondial du cacao de plus en plus tendu.
Selon des acteurs du secteur, entre 950 000 et 1,2 million de tonnes auraient déjà été engagées pour la prochaine campagne, mais les autorités ivoiriennes privilégient désormais une approche plus conservatrice afin de mieux gérer les risques liés à la production future.
Le ralentissement des ventes intervient dans un contexte marqué par des inquiétudes climatiques croissantes. Le phénomène El Niño pourrait provoquer des périodes de sécheresse dans plusieurs pays producteurs d’Afrique de l’Ouest, notamment la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Cameroun et le Nigeria, avec des impacts potentiels sur les rendements agricoles.
Des sources du secteur cacao évoquent déjà une fragilité dans le développement des prochaines récoltes, liée à des températures élevées observées ces derniers mois et à une répartition irrégulière des pluies. Si les conditions climatiques annoncées se confirment, la production pourrait être davantage fragilisée.
Toutefois, certains exportateurs estiment que le véritable défi du secteur ne se limite pas aux aléas climatiques. Ils pointent plutôt la dégradation des plantations, le vieillissement des exploitations agricoles et la difficulté d’accès aux engrais et produits phytosanitaires comme principaux facteurs de risque pour la production future.
La hausse des prix des engrais sur le marché international, exacerbée par des tensions géopolitiques ayant perturbé certaines routes maritimes stratégiques, vient également compliquer la situation pour les producteurs et exportateurs.
Dans ce contexte, la stratégie du CCC est perçue par certains acteurs comme une tentative de sécuriser les revenus futurs du pays face à un marché mondial incertain et potentiellement plus volatil lors de l’ouverture de la prochaine saison.


