Dakar a été le théâtre de violences le 4 février, les forces de l’ordre dispersent des manifestants opposés au report de la présidentielle à coups de gaz lacrymogènes. Des centaines de personnes, brandissant des drapeaux sénégalais, ont répondu à l’appel de plusieurs candidats, convergeant vers un rond-point de la capitale. Les gendarmes ont utilisé des gaz lacrymogènes, avant d’être confrontés à des jets de pierres de la part des manifestants.
Les heurts font suite à l’annonce par le président Macky Sall du report de l’élection présidentielle prévue le 25 février. Certains manifestants ont érigé des barrages de fortune, scandant des slogans tels que « Macky Sall dictateur« . Daouda Ndiaye, candidat à la présidentielle, a déclaré avoir été « brutalisé » par les forces de l’ordre, et des membres de son équipe ont été arrêtés.

Le report de la présidentielle a déclenché un tollé au Sénégal et soulevé des inquiétudes à l’étranger. Plusieurs candidats d’opposition ont annoncé qu’ils ignoreront la décision de Macky Sall et maintiendront le lancement de leur campagne. L’Union européenne et la France ont exprimé leurs préoccupations, appelant à des élections « dans les meilleurs délais ».
Le président Sall a justifié le report en citant le conflit entre le Conseil constitutionnel et l’Assemblée nationale concernant les candidatures validées et rejetées. Le débat parlementaire sur le report de la présidentielle de six mois est prévu le 5 février. Certains députés du camp présidentiel ont soutenu la commission d’enquête sur les conditions de validation des candidatures, suscitant des débats sur la séparation des pouvoirs.
La situation demeure tendue, avec des incertitudes quant à la nouvelle date de l’élection et des craintes d’instabilité dans un pays qui a connu des troubles depuis 2021.


