Le Premier ministre palestinien Mohammad Shtayyeh a annoncé sa démission ce lundi 26 février 2024, dans un contexte où l’autorité palestinienne cherche à renforcer son rôle après le récent conflit entre Israël et le groupe islamiste Hamas à Gaza.
Cette décision survient alors que les États-Unis exercent une pression croissante sur le président Mahmoud Abbas pour qu’il restructure l’autorité, tandis que les efforts internationaux visant à mettre fin aux hostilités à Gaza et à instaurer une gouvernance post-conflit s’intensifient.
La démission de Shtayyeh devra encore être acceptée par Abbas, qui pourrait demander à ce que le Premier ministre reste en poste jusqu’à la nomination d’un remplaçant permanent.
L’Autorité palestinienne, établie il y a environ 30 ans dans le cadre des accords de paix intérimaires d’Oslo, a été sérieusement affaiblie par des accusations d’inefficacité et de corruption, et le Premier ministre détient peu de pouvoir effectif.
Cependant, le départ de Shtayyeh marque un changement symbolique soulignant la volonté d’Abbas de maintenir l’Autorité en tant que principale autorité dirigeante, alors que la pression internationale augmente en faveur d’une relance des efforts visant à créer un État palestinien aux côtés d’Israël.
Dans une déclaration, Shtayyeh, un économiste universitaire qui a pris ses fonctions en 2019, a souligné la nécessité d’adapter la gouvernance aux nouvelles réalités à Gaza, durement touchée par cinq mois de violents combats.
Il a insisté sur la nécessité de mettre en place de nouveaux arrangements gouvernementaux et politiques prenant en compte la situation émergente dans la bande de Gaza, ainsi que la nécessité d’un consensus interpalestinien et de pourparlers d’unité nationale.
En outre, il a souligné l’importance d’étendre l’autorité de l’Autorité sur l’ensemble du territoire palestinien.
Aucun successeur n’a encore été nommé, mais Abbas devrait désigner Mohammad Mustafa, un ancien responsable de la Banque mondiale et président du Fonds d’investissement palestinien (PIF), qui possède une expérience dans la reconstruction de Gaza après la guerre de 2014.
Cependant, aucune information n’a été communiquée concernant de prochaines élections, qui n’ont pas eu lieu depuis 2006.
L’Autorité palestinienne exerce une gouvernance limitée sur certaines parties de la Cisjordanie occupée, mais a perdu le contrôle de Gaza à la suite d’affrontements avec le Hamas en 2007.
Au fil des années, elle s’est affaiblie et des enquêtes ont révélé qu’elle était profondément impopulaire parmi les Palestiniens. Néanmoins, elle demeure la seule autorité dirigeante généralement reconnue par la communauté internationale.
Les dirigeants palestiniens affirment que les restrictions israéliennes, y compris la retenue des recettes fiscales dues en vertu des accords d’Oslo, entravent efficacement sa capacité à gouverner. Ces restrictions ont également entraîné des retards dans le paiement des salaires du secteur public depuis des mois.
Israël accuse depuis longtemps l’autorité de soutenir le terrorisme en fournissant un soutien financier aux familles de militants tués par les forces israéliennes et en autorisant la publication de matériel antisémite dans les manuels scolaires. Egalement, il critique les dirigeants palestiniens, dont Abbas, pour ne pas avoir condamné l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre.
Les factions palestiniennes, notamment le Fatah et le Hamas, font des efforts pour surmonter leurs divergences et parvenir à un accord sur un gouvernement d’unité, avec une réunion prévue à Moscou. Un responsable du Hamas a souligné l’importance d’un consensus national dans ce processus.
Soulignons qu’ Israël s’est engagé à éliminer le Hamas et affirme qu’il n’acceptera pas le contrôle de l’Autorité palestinienne sur Gaza après la guerre, qui a été déclenchée par l’attaque du Hamas contre le sud d’Israël le 7 octobre. Selon les autorités sanitaires palestiniennes, près de 30 000 Palestiniens ont été tués dans les combats à Gaza, et la quasi-totalité de la population a été déplacée de ses foyers.


