Dans la capitale du Tchad, N’Djamena, des échos de tirs nourris ont retenti près du siège d’un parti d’opposition, mercredi. Ces événements font suite à des affrontements meurtriers survenus à proximité des services de sécurité intérieure du pays.
La scène se déroule dans un contexte de montée des tensions, à quelques encablures de l’élection présidentielle prévue en mai et juin, une échéance qui pourrait marquer le retour à un régime constitutionnel après trois ans de domination des autorités militaires.
Le siège du Parti socialiste sans frontières, une formation d’opposition, a été assiégé par les forces de sécurité à la suite des violences ayant causé plusieurs morts près des services de sécurité intérieure du Tchad, d’après un témoin sur place.
Les versions des événements divergent, selon les dires du gouvernement et du parti concerné. Un communiqué officiel indique que l’agence a été prise pour cible par des membres du parti d’opposition, dirigé par Yaya Dillo, entraînant plusieurs pertes humaines.
Dans un autre incident, le gouvernement rapporte qu’un individu affilié au parti, Ahmed Torabi, aurait tenté d’assassiner le président de la Cour suprême, Samir Adam Annour, avant d’être appréhendé.
Pour sa part, le secrétaire général du parti d’opposition a affirmé à Reuters que les victimes près de l’agence de sécurité ont été abattues par des soldats qui ont ouvert le feu sur un groupe de membres du parti. Il ajoute que Torabi aurait été tué la veille et que son corps aurait été retrouvé au siège de l’agence.
Le mercredi matin, des membres du parti et des proches de Torabi se sont rendus à l’agence pour récupérer le corps de ce dernier. Des soldats ont alors ouvert le feu sur eux, causant plusieurs décès, selon le secrétaire général.
Le gouvernement assure que la situation est désormais sous contrôle, les responsables des troubles ayant été appréhendés ou faisant l’objet de recherches.
Les violences ont également entraîné une interruption de la connectivité Internet au Tchad, selon le moniteur Internet Netblocks, suite à des informations faisant état d’une attaque contre le siège de l’agence de sécurité.
Par ailleurs, en décembre dernier, la Cour suprême du Tchad a validé le vote d’une nouvelle constitution, soulevant des critiques quant à son impact sur le renforcement du pouvoir du chef de la junte, Mahamat Idriss Déby.
Le Tchad, actuellement gouverné par une junte militaire, figure parmi les nombreux pays d’Afrique de l’Ouest et centrale où plusieurs coups d’État ont été enregistrés depuis 2020, suscitant des préoccupations quant au recul démocratique dans la région.


