Lomé est, depuis ce lundi 8 juillet, le carrefour stratégique de la lutte contre les flux financiers illicites (FFI) en Afrique de l’Ouest. À l’occasion de la 2ᵉ édition de la Grande Rencontre des Compliance et Risk Officers au Togo (GRCROT), plus de 600 experts venus de 42 pays d’Afrique et d’Europe se réunissent pour discuter des mécanismes de renforcement des systèmes financiers face aux menaces croissantes du blanchiment d’argent et du financement du terrorisme.
Portée par l’Afrika Compliance Academy (ACA) à travers l’Association Togolaise de la Conformité (ATCO), la rencontre bénéficie de l’appui technique de la Haute Autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPLUCIA) et de la Cellule nationale de traitement des informations financières du Togo (CENTIF-TG).
Le thème retenu cette année — « La conformité, le risque et l’audit : les garanties d’un système financier résilient face au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme en Afrique » — reflète les défis d’actualité auxquels sont confrontés les États africains dans un environnement de plus en plus interconnecté.
Lors de l’ouverture, le ministre de l’Économie et des Finances, Essowè Georges Barcola, a rappelé l’ampleur du problème : les pertes liées aux FFI en Afrique sont estimées à 90 milliards de dollars par an en 2025, contre 50 milliards en 2020. « Ces pertes équivalent aux investissements étrangers et à l’aide au développement combinés, ce qui entrave lourdement nos efforts de croissance », a-t-il souligné, appelant à une synergie des acteurs pour enrayer ces pratiques déstabilisatrices.
Plusieurs thématiques structurantes sont abordées à travers panels et ateliers techniques : cartographie des risques, signaux d’alerte, conformité face aux nouvelles menaces, et évaluation des États figurant sur la « liste grise » du GAFI. L’objectif est de formuler des recommandations pratiques, adaptées aux réalités ouest-africaines.
Pour Me Nikada Batchoudi, président de l’ATCO, cette rencontre dépasse la simple sensibilisation. Elle vise une responsabilisation accrue des acteurs financiers : « Notre rôle est de garantir l’entrée licite des fonds dans les circuits financiers et d’en surveiller la destination. Nous devons aussi signaler les opérations suspectes et renforcer nos systèmes internes de contrôle. »

Dans un contexte géopolitique marqué par la montée des risques transnationaux, Lomé s’affirme à travers cette initiative comme un pôle de réflexion et d’action, engagé pour une gouvernance financière éthique et sécurisée.


