La vie politique ivoirienne a connu une nouvelle secousse en août 2025. Des milliers de personnes sont descendues dans les rues d’Abidjan pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme un quatrième mandat inconstitutionnel. Au milieu des slogans politiques, des propos à connotation communautaire ont toutefois suscité des inquiétudes, poussant le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) à réagir officiellement.
Dans un communiqué en date du 18 août2025 signé par Me Habiba Touré, porte-parole du parti de Laurent Gbagbo, le PPA-CI a rappelé que son combat ne vise pas un peuple ni une communauté, mais un système jugé autoritaire et des pratiques politiques contestées. Fidèle à ses valeurs panafricaines et républicaines, le parti a exhorté ses militants à bannir toute référence ethnique dans le débat public.
Laurent Gbagbo lui-même, lors d’un discours le 16 août, avait souligné l’importance de préserver l’unité nationale. L’ancien président a invité ses partisans à garder une attitude digne et à ne pas confondre des communautés entières avec les choix politiques du chef de l’État. « Notre responsabilité est grande », a-t-il insisté, en appelant à renforcer la cohésion sociale.
Le communiqué du PPA-CI s’est également étonné de l’annonce du Procureur de la République, qui envisage d’examiner les vidéos de la marche pour d’éventuelles poursuites. Le parti dénonce une justice « à deux vitesses », rappelant que des propos offensants d’un ministre contre le président du PDCI n’avaient entraîné aucune conséquence judiciaire. Cette disparité alimente, selon l’opposition, un sentiment d’instrumentalisation des institutions.
Pour le PPA-CI, le véritable danger pour la Côte d’Ivoire ne réside pas dans une supposée xénophobie des manifestants, mais plutôt dans la sélectivité des sanctions, les restrictions de libertés et l’impunité de certains responsables. Le parti réaffirme son attachement à la fraternité, à l’unité africaine et à la souveraineté des peuples, tout en appelant ses militants et les citoyens à se concentrer sur ce qui unit plutôt que ce qui divise.


