Les syndicats des employés et cadres des banques et assurances du Togo, SYNBANK et SYNASSUR, ont tenu samedi 16 août 2025 une Assemblée Générale au siège du SYNBANK, sis derrière le garage central de Lomé. Cette rencontre des membres a été marquée par de vives préoccupations sur la gestion des ressources humaines et les pratiques salariales dans le secteur.
Au centre des débats, plusieurs points sensibles : les écarts de rémunération jugés « injustifiés », l’utilisation de la masse salariale comme prétexte aux licenciements économiques, ainsi que deux dossiers brûlants concernant SUNU Bank Togo et Ecobank Togo. Les organisations syndicales rappellent que les textes nationaux et internationaux du Code du Travail togolais, aux conventions de l’Organisation internationale du Travail qui garantissent l’égalité de traitement entre travailleurs. Pourtant, dans les faits, les disparités sont criantes : certains cadres supérieurs perçoivent des salaires dépassant les 10 millions FCFA mensuels, avec des avantages pris en charge par les entreprises, alors que les plus bas revenus plafonnent à 200 000 FCFA. Un écart de 1 à 50, bien au-dessus de la norme de 1 à 20 reconnue en gestion des rémunérations.
La situation est particulièrement préoccupante à SUNU Bank Togo. Les syndicats dénoncent des licenciements pour « motif économique » alors que, selon eux, les difficultés actuelles sont dues à des choix managériaux contestés et confirmés par des rapports de la Commission bancaire de l’UMOA. Ils accusent également la direction d’avoir instauré un climat de harcèlement et d’intimidation, provoquant une hausse alarmante des cas d’hypertension et même de décès parmi le personnel. Entre 2018 et 2025, l’institution a enregistré douze décès, contre trois seulement entre 2010 et 2017, avant son rachat par le groupe SUNU.
De son côté, Ecobank Togo est épinglée pour son silence dans une affaire opposant un de ses salariés à un client. Les syndicats dénoncent un manque de dialogue et craignent que l’image de la banque panafricaine ne soit compromise.

« Nous ne pouvons pas rester silencieux face à des écarts de salaires injustifiables, à des licenciements économiques déguisés et à des traitements dégradants infligés aux travailleurs. Nos revendications s’appuient sur la loi, sur l’équité et sur la dignité des employés », a martelé Yati Awoula Baba, secrétaire général du SYNBANK au cours de l’Assemblée.

L’AG a également permis d’évoquer d’autres points comme l’application différenciée de la nouvelle grille salariale au Centre de formation bancaire du Togo, ainsi que des cas de conseils de discipline jugés abusifs dans certaines institutions.

Sommes toutes, les syndicats ont réaffirmé leur volonté de défendre sans relâche les droits des employés du secteur bancaire et des assurances, appelant à un rééquilibrage urgent des pratiques de rémunération et de gestion dans les institutions financières du pays.
Nous y reviendrons avec les conclusions à l’issue de cette Assemblée Générale


