Le Togo bénéficie d’un nouvel appui financier majeur de la Banque mondiale. L’institution a approuvé, ce lundi 15 décembre, un financement de 150 millions de dollars, soit environ 83,7 milliards de francs CFA, destiné à renforcer l’investissement privé et soutenir la création d’emplois durables. Cette enveloppe, mobilisée à travers l’Association internationale de développement (IDA), marque le démarrage d’un programme de réformes étalé sur trois ans.
Ce premier appui s’inscrit dans une stratégie plus large visant à accélérer la transformation économique du pays. Il accompagne un ensemble de mesures destinées à lever les principaux freins à la croissance, notamment dans l’agriculture, les infrastructures et le climat des affaires, afin d’attirer davantage de capitaux privés.
Selon la Banque mondiale, le programme entend améliorer la productivité agricole en facilitant l’accès au foncier et au financement pour les petits exploitants, tout en modernisant des secteurs clés comme l’énergie, le numérique et la logistique. L’objectif est de créer un environnement plus compétitif et plus attractif pour les investisseurs nationaux et étrangers.
Pour l’institution financière, l’impact potentiel est significatif. Si les réformes prévues sont pleinement mises en œuvre, elles pourraient permettre de mobiliser jusqu’à 800 millions de dollars d’investissements supplémentaires et d’améliorer les conditions d’emploi d’environ 73 000 personnes sur une période de cinq ans. Les secteurs de l’agriculture, du foncier et de l’énergie sont identifiés comme les principaux moteurs de cette dynamique, notamment à travers le développement des énergies renouvelables et l’augmentation des investissements directs étrangers.
Parmi les mesures phares annoncées figure la création prochaine de l’Agence nationale du domaine et du foncier. Cette structure aura pour mission de coordonner les politiques foncières et de simplifier la délivrance des documents, un enjeu central pour sécuriser les investissements et réduire les conflits liés à la terre.
Le programme prévoit également une réforme de la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET), avec une révision de ses statuts afin d’améliorer sa gouvernance et d’ouvrir davantage le secteur à la participation du privé. D’autres actions concernent le renforcement de la protection juridique des investisseurs étrangers et une meilleure articulation entre l’enseignement général et la formation technique et professionnelle, pour adapter les compétences aux besoins réels de l’économie.
À travers cet appui, la Banque mondiale réaffirme son engagement aux côtés du Togo pour soutenir une croissance portée par le secteur privé, la modernisation des infrastructures et la création d’emplois de qualité, dans un contexte régional marqué par de forts défis économiques.


