L’onde de choc provoquée par l’annonce de licenciements économiques à SUNU Bank Togo continue de secouer le secteur bancaire togolais. Lors d’une assemblée générale tenue le 22 février 2024, le Syndicat des Travailleurs des Banques et Établissements Financiers du Togo (SYNBANK) a dénoncé les licenciements annoncés par la direction, qualifiant la procédure de non conforme aux réalités économiques de l’institution.
Face aux travailleurs mobilisés, Awoula Yati BABA, Secrétaire Général du SYNBANK, a rappelé que la banque affiche une croissance continue de son produit net bancaire (PNB) et de son résultat d’exploitation. « L’argument d’un licenciement pour motif économique ne tient pas, car les chiffres démontrent une amélioration constante des performances de la banque », a-t-il affirmé.

Le syndicat dénonce également l’absence de transparence dans la procédure et le refus de la direction de fournir les documents requis pour justifier ces suppressions de postes. « Nous avons demandé un audit indépendant, mais aucune suite n’a été donnée à notre requête », regrette le SG du SYNBANK. Face à ce bras de fer, le syndicat demande l’application des mécanismes de résolution des conflits prévus par la législation nationale et la Commission Bancaire de l’UMOA. Il insiste sur le fait que sans un consensus entre les parties, aucune procédure de licenciement ne peut être menée à terme.
Autre point de crispation : la méthode de sélection des employés concernés. Alors que la première liste comptait 105 travailleurs, ce nombre a été réduit à 70, sans explication claire. Par ailleurs, la convention collective stipule qu’aucun représentant du personnel ne peut figurer sur cette liste, un principe que la direction semble ne pas avoir respecté.
Dans ce contexte, le SYNBANK appelle la direction de SUNU Bank Togo à respecter les mécanismes légaux de résolution des conflits et à s’en remettre aux procédures prévues par la Commission Bancaire de l’UMOA. « Nous restons mobilisés pour défendre les droits des travailleurs et exiger plus de transparence dans la gestion de ce dossier », conclut le syndicat.

Les travailleurs n’excluent pas de durcir le ton si aucune issue favorable n’est trouvée. « Nos membres demandent des actions fortes. Si la situation ne se débloque pas, nous serons contraints de déclencher une grève qui pourrait concerner l’ensemble des banques et assurances du pays », prévient le SG du SYNBANK.
Le secteur bancaire togolais est en proie à des difficultés croissantes, notamment en raison de la hausse des créances irrécouvrables. « Ce ne sont pas les salaires qui posent problème, mais plutôt les crédits non performants qui pèsent sur le capital social des banques ».
La situation reste tendue et les prochains jours seront décisifs pour l’avenir des travailleurs concernés.


