Les économies de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont confirmé leur solidité en 2025, malgré un environnement international marqué par de nombreuses incertitudes. C’est ce qui ressort du Rapport annuel 2025 présenté à Dakar par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), qui fait état d’une amélioration de la plupart des indicateurs macroéconomiques de l’Union.
Selon la BCEAO, le produit intérieur brut (PIB) de l’Union a enregistré une croissance de 6,7 % en 2025, contre 6,2 % l’année précédente. Cette progression est portée par la bonne tenue des activités commerciales, le dynamisme du secteur des services ainsi que la montée en puissance des productions minières, pétrolières et gazières dans plusieurs pays membres.
Pour le gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, ces performances traduisent la capacité de l’Union à résister aux chocs extérieurs. « L’Union a fait preuve d’une remarquable résilience, portée par la consolidation de ses principaux équilibres macroéconomiques. Pour sa part, la BCEAO est demeurée pleinement mobilisée autour de ses missions fondamentales, à savoir préserver la stabilité monétaire et financière », a-t-il déclaré.
Autre indicateur en nette amélioration, l’inflation moyenne annuelle est revenue à 0 % en 2025, après 3,5 % un an plus tôt. Cette évolution s’explique notamment par une meilleure disponibilité des produits alimentaires, favorisée par une hausse de 7,7 % de la production céréalière au cours de la campagne agricole 2025-2026. Le repli des prix internationaux des denrées alimentaires et de l’énergie, ainsi que les mesures prises par plusieurs États pour soutenir la sécurité alimentaire et énergétique, ont également contribué à cette stabilité des prix.
Les finances publiques affichent elles aussi des résultats encourageants. Les recettes budgétaires des États membres ont atteint 25 396,5 milliards de FCFA, en progression de 13,3 % par rapport à 2024. Cette hausse est principalement tirée par les recettes fiscales, qui s’établissent à 22 160,5 milliards de FCFA, soit une augmentation de 13,7 %.
Selon la Banque centrale, cette performance résulte de la poursuite des réformes engagées par les administrations fiscales et douanières afin de renforcer la mobilisation des ressources intérieures. Les recettes fiscales représentent désormais 14,9 % du PIB, contre 14,4 % en 2024.
Les dons accordés aux États membres ont également progressé de 28,1 %, portant le total des recettes budgétaires et des dons à 26 629,9 milliards de FCFA, soit 17,9 % du PIB.
Dans le même temps, les dépenses publiques ont évolué à un rythme plus modéré. Elles se sont établies à 32 189,9 milliards de FCFA, en hausse de 5 %. Cette progression est principalement liée à l’augmentation des charges d’intérêts de la dette publique (+12,9 %) et de la masse salariale (+7,2 %), tandis que les investissements publics sont restés globalement stables.
Cette meilleure maîtrise des finances publiques a permis de réduire significativement le déficit budgétaire global de l’Union. Celui-ci est passé de 7 288,1 milliards de FCFA en 2024 à 5 559,9 milliards de FCFA en 2025, soit une baisse de 23,7 %. Rapporté au PIB, le déficit recule à 3,7 %, contre 5,4 % un an auparavant.
Le rapport met également en évidence une amélioration de la situation extérieure de l’Union. Soutenues par la hausse des exportations de pétrole et de gaz, l’amélioration des termes de l’échange et le recours de certains États aux marchés internationaux des capitaux, les performances extérieures se sont renforcées.
Le solde global de la balance des paiements est ainsi ressorti excédentaire à 7 012,6 milliards de FCFA en 2025, contre 3 012,7 milliards un an plus tôt. Dans le même temps, le déficit du compte des transactions courantes a été ramené à 2 % du PIB, contre 5,7 % en 2024.
À travers ces résultats, la BCEAO souligne la capacité des économies de l’UEMOA à consolider leur croissance, à renforcer leurs équilibres budgétaires et à améliorer leur résilience face aux défis économiques internationaux.


