Deux hauts responsables de Binance, la plus grande bourse de crypto-monnaie au monde, ont intenté une action en justice contre le bureau du conseiller à la sécurité nationale du Nigeria et l’agence anti-corruption du pays pour violation de leurs droits fondamentaux. Tigran Gambaryan, un citoyen américain et responsable de la conformité en matière de criminalité financière chez Binance, ainsi que Nadeem Anjarwalla, anglo-kényan et directeur régional de Binance pour l’Afrique, ont été arrêtés à leur arrivée au Nigeria en février.
Anjarwalla, qui a réussi à fuir le pays la semaine dernière, est désormais confronté à un risque de mandat d’arrêt international. Gambaryan, quant à lui, a comparu devant la Haute Cour fédérale de la capitale Abuja le jeudi, demandant au juge Iyang Ekwo de déclarer que sa détention et la saisie de son passeport par le conseiller à la sécurité nationale et la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) constituent une violation de son droit fondamental à la liberté personnelle, tel que garanti par la constitution nigériane.
Les dirigeants ont affirmé n’avoir été informés d’aucune infraction commise et ont demandé une ordonnance de libération ainsi que la restitution de leurs passeports. Ils ont également exigé des excuses publiques et ont demandé une ordonnance interdisant toute détention supplémentaire. Cependant, l’audience a été ajournée au 8 avril car les avocats du Bureau du conseiller à la sécurité nationale (ONSA) et de l’EFCC n’étaient pas présents au tribunal.
Gambaryan et Anjarwalla ont été pris dans une répression menée par le Nigeria à l’encontre des sites Web de cryptomonnaie. Ces sites sont devenus des plateformes de choix pour échanger la monnaie nigériane alors que le pays lutte contre une pénurie chronique de dollars. La décision du Nigeria d’interdire plusieurs de ces sites a entraîné une série de controverses, mettant en lumière les défis auxquels sont confrontés les acteurs du secteur des crypto-monnaies dans le pays.


