La Fédération des syndicats de l’éducation nationale (FESEN) a officiellement lancé à son siège à Lomé, ce 7 août 2026, la campagne nationale « La Force du public. Ensemble, on fait école ». Cette initiative, portée avec l’appui de l’Internationale de l’Éducation (IE), vise à renforcer le plaidoyer en faveur d’un financement plus conséquent de l’école publique au Togo et à replacer l’éducation parmi les priorités des politiques publiques.
La rencontre a réuni les représentants des dix syndicats membres de la FESEN, les structures préfectorales et communales, plusieurs partenaires nationaux et internationaux ainsi que des représentants du gouvernement et du Parlement. Le ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, le président de la Commission de l’éducation, de la communication et du développement socioculturel de l’Assemblée nationale, Hodin Eké Kokou, et la vice-présidente de l’Internationale de l’Éducation Afrique, Marième Sakho Dansokho, ont notamment pris part aux travaux.
À cette occasion, la FESEN a présenté les résultats d’une étude consacrée au financement de l’école publique et à la privatisation de l’éducation au Togo. Réalisée à partir d’une analyse documentaire et d’entretiens menés auprès des acteurs du secteur éducatif, cette recherche met en évidence les principaux défis auxquels fait face le système éducatif togolais.

Selon le rapport présenté par le Professeur TONYEME Bilakani de l’Institut National des Sciences de l’Education de l’Université de Lomé, les dépenses publiques consacrées à l’éducation ont progressé ces dernières années, mais restent en dessous des références internationales recommandant un investissement compris entre 4 % et 6 % du Produit intérieur brut (PIB) ainsi qu’au moins 20 % du budget national. L’étude souligne également une baisse de la part du budget national allouée à l’éducation, passée d’environ 15 % à moins de 8 % entre 2014 et 2026.
Les chercheurs relèvent par ailleurs que les établissements scolaires continuent de faire face à des insuffisances en infrastructures, en équipements pédagogiques et en ressources humaines. Les subventions accordées aux écoles sont jugées insuffisantes et souvent versées avec retard, obligeant plusieurs établissements à solliciter des contributions des parents d’élèves malgré la gratuité officielle de l’enseignement.
Le rapport met également en exergue la progression du secteur privé dans l’offre éducative, particulièrement dans le Grand Lomé. Si cette évolution contribue à absorber une partie de la demande scolaire, elle soulève aussi des préoccupations en matière d’équité. Les auteurs estiment que les écarts entre établissements publics et privés risquent d’accentuer les inégalités d’accès à une éducation de qualité selon les revenus des familles.

Dans son allocution d’ouverture, le secrétaire général fédéral de la FESEN, Lorié Akilé-Esso, a indiqué que cette étude doit constituer un véritable outil de plaidoyer au service des enseignants et de l’amélioration du système éducatif togolais. Il a souhaité que les résultats de cette recherche permettent d’alimenter le dialogue avec les pouvoirs publics sur les enjeux liés au financement de l’éducation.

Pour sa part, la vice-présidente de l’Internationale de l’Éducation Afrique, Marième Sakho Dansokho, a lancé un appel aux gouvernements afin qu’ils accroissent les investissements publics dans l’éducation. Elle a également insisté sur la nécessité d’affecter davantage de ressources au recrutement, à la formation et à l’amélioration des conditions de travail des enseignants.
Au terme des travaux, les participants ont adopté la Déclaration de Lomé 2026, dans laquelle ils réaffirment que l’éducation constitue un droit fondamental et un bien public. La FESEN y exhorte le gouvernement togolais à renforcer les investissements dans le secteur, à améliorer les infrastructures scolaires, à recruter davantage d’enseignants et à consolider le dialogue social avec les organisations syndicales.
La fédération invite également les institutions financières internationales à soutenir davantage les investissements éducatifs, tout en appelant les collectivités territoriales à inscrire le développement de l’école publique parmi leurs priorités.

À travers cette campagne nationale, la FESEN entend poursuivre son action de veille, produire régulièrement des données sur le financement de l’éducation et renforcer son plaidoyer afin de contribuer à une école publique plus inclusive, équitable et accessible à tous.


