La concertation entre l’État togolais et le secteur privé s’est poursuivie autour d’un enjeu central : rendre l’impôt plus accessible, mieux compris et compatible avec la survie des entreprises. Les échanges ont principalement porté sur les mécanismes permettant d’amener les contribuables à s’acquitter de leurs obligations fiscales sans pression excessive, tout en favorisant un climat économique plus serein.
Les discussions ont également exploré les pistes visant à humaniser l’impôt, en aidant les opérateurs économiques à percevoir un intérêt concret dans les taxes qu’ils versent et à mieux comprendre leur rôle dans le financement des autres secteurs de développement. Plusieurs propositions ont été formulées afin d’encourager le secteur privé à respecter ses obligations fiscales, tout en invitant l’Office togolais des recettes (OTR) à privilégier des approches moins coercitives, notamment en évitant la fermeture systématique des entreprises en difficulté.
Prenant la parole, le ministre de l’Économie et des Finances, Georges Essowè Barcola, a rappelé la vision portée par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, selon laquelle le secteur privé demeure un moteur essentiel de la croissance et de la création de richesse nationale. Il a annoncé l’organisation prochaine de réunions sectorielles destinées à favoriser un dialogue inclusif et à dégager des conclusions communes, dans l’optique de renforcer la compétitivité des entreprises et de soutenir la dynamique économique. Le ministre a, par ailleurs, réaffirmé l’engagement du gouvernement à accompagner le secteur privé afin de consolider la croissance et de poser les bases d’une émergence durable.
De son côté, le président du Conseil national du patronat, Coami Laurent Tamegnon, a salué l’initiative gouvernementale et souligné l’importance de cette rencontre pour les acteurs économiques. Il a invité ses pairs à adopter une posture constructive, rappelant que le développement du pays repose sur un partenariat équilibré entre l’État et les entreprises.
« Vous avez beaucoup subi. Vous avez beaucoup de choses à dire. Et pour ne pas enfoncer le clou, je vais juste énumérer certaines choses sur lesquelles je ne voudrais pas que vous reveniez et que nous puissions avancer. Et je pense que ce n’est pas la peine de se mettre en adversaires. Monsieur le ministre a dit, nous sommes des partenaires et ce qui compte pour nous, c’est le développement de notre pays », a-t-il déclaré.
Parmi les participants, Charles Birrégah a également exprimé son satisfecit quant à l’orientation donnée aux échanges, mettant en avant l’intérêt des concertations annoncées.
« Nous saluons la proposition du ministre des Finances, selon laquelle, au premier trimestre prochain, il y aura des réunions sectorielles qui vont permettre à tout le monde de dégager des conclusions communes, qui vont permettre aux entreprises, tout en respectant ses obligations fiscales, de ne plus se voir fermer à cause des problèmes des impôts et je pense aussi qu’il y a derrière cela une éducation fiscale qui va naître et qui va permettre aussi au secteur privé de comprendre ce que l’OTR doit faire », a-t-il souligné.
Cette dynamique de dialogue s’inscrit dans le cadre du Cadre de concertation État–secteur privé (CCESP), un mécanisme présenté comme un levier stratégique pour améliorer durablement le climat des affaires au Togo. En misant sur la concertation, la pédagogie fiscale et la recherche de solutions partagées, les autorités et les opérateurs économiques entendent poser les bases d’une fiscalité plus équitable, favorable à la croissance et à la stabilité des entreprises.


