La Guinée s’apprête à vivre un moment décisif dimanche avec un référendum sur une nouvelle constitution, ouvrant potentiellement la voie au général Mamady Doumbouya, chef de la junte au pouvoir depuis 2021, à briguer la présidence. Un scénario qui rompt avec son engagement initial de ne pas se présenter.
La campagne prend fin ce mercredi, marquant l’ultime étape d’un processus scruté de près dans une région marquée par huit coups d’État entre 2020 et 2023. La charte de transition, adoptée après la chute d’Alpha Condé, interdisait toute candidature des membres de la junte. Or, le nouveau texte supprime cette clause, alimentant la polémique sur une manœuvre de consolidation du pouvoir.
Si le général Doumbouya garde le silence sur ses intentions, ses opposants dénoncent déjà un passage en force. En exil, Cellou Dalein Diallo a appelé à boycotter ce qu’il qualifie de « mascarade », tandis que son parti UFD et le RPG de l’ex-président Condé restent suspendus, privés de campagne officielle.
Sur le terrain, la société civile et des ONG comme Human Rights Watch accusent le pouvoir d’intimidations, de disparitions forcées et de restrictions des médias. Le gouvernement nie, mais promet d’enquêter. L’élection présidentielle, initialement prévue en décembre 2024, est désormais annoncée pour décembre 2025.
Le projet de constitution prolonge le mandat présidentiel de cinq à sept ans, renouvelable une fois, et prévoit la création d’un Sénat dont un tiers des membres serait nommé directement par le chef de l’État. Plus de 6,7 millions d’électeurs sont appelés aux urnes et l’adoption du texte requiert une majorité simple.
Alors que certains citoyens affichent leur soutien, estimant que le pays a besoin d’une nouvelle base institutionnelle, d’autres dénoncent un processus biaisé, synonyme de tensions à venir. La consultation populaire s’annonce donc comme un test crucial pour l’avenir démocratique et la stabilité de la Guinée.


