Présent au Regional Health Investment Forum Mauritania 2026, Dr Abdoulaye Konipo, pharmacien industriel malien et cofondateur de BIOMED MALI S.A., revient sur les principales conclusions de cette rencontre consacrée au développement de l’industrie pharmaceutique dans l’espace de l’Organisation de la coopération islamique (OCI). Convaincu que l’Afrique peut bâtir une industrie pharmaceutique compétitive, il appelle à accélérer les investissements, le transfert de technologies et la production locale.
Qui est Dr Abdoulaye Konipo ?
Pharmacien industriel et entrepreneur, Dr Abdoulaye Konipo évolue depuis plus de vingt ans dans l’industrie pharmaceutique. Il est le cofondateur de BIOMED MALI S.A., un laboratoire spécialisé dans le développement de médicaments à base de plantes, avec l’ambition de valoriser les ressources naturelles africaines à travers une production locale de qualité.
Il dirige également la Pharmacie Faso Keneya et le cabinet de conseil BUREEX. Son parcours l’a conduit à présider le Conseil régional de l’Ordre des pharmaciens du Mali et à siéger à la Chambre de commerce et d’industrie du Mali.
« Le forum marque un tournant pour l’industrie pharmaceutique »
Pour Dr Konipo, le Regional Health Investment Forum Mauritania 2026, organisé à Nouakchott, constitue une étape importante dans la construction d’un véritable écosystème pharmaceutique régional.
« La qualité des échanges et des intervenants a permis de dégager des pistes concrètes pour développer la production pharmaceutique locale. L’OCI franchit aujourd’hui une étape importante vers une véritable souveraineté sanitaire », estime-t-il.
Selon lui, cette rencontre représente un accélérateur pour les industriels africains engagés dans la fabrication de médicaments sur le continent.
Passer des recommandations à l’action
Le thème de cette édition « Renforcer le commerce et l’investissement intra-OCI dans le secteur pharmaceutique : de la stratégie à l’action » appelle désormais des résultats concrets.
Pour le pharmacien malien, les recommandations adoptées à Nouakchott devront rapidement se traduire par des projets structurants.
« Il faut désormais créer une véritable synergie entre les industriels, les investisseurs, les gouvernements, les centres de recherche et les institutions financières afin de développer durablement la production pharmaceutique en Afrique », souligne-t-il.
Les clés de la souveraineté pharmaceutique
Dr Konipo estime que l’Afrique doit construire son propre modèle industriel plutôt que reproduire ceux d’autres régions du monde.
Il identifie plusieurs priorités :
- harmoniser les réglementations pharmaceutiques ;
- accélérer le transfert de technologies ;
- renforcer les capacités industrielles ;
- faciliter l’accès aux financements ;
- investir dans la formation des ressources humaines ;
- développer une véritable intégration régionale.
Selon lui, ces différents leviers permettront aux pays africains de réduire leur dépendance aux importations de médicaments.
Des partenariats déjà en cours
En marge du forum, plusieurs rencontres B2B ont permis d’ouvrir de nouvelles perspectives de coopération.
L’une des avancées majeures est la signature d’une convention entre BIOMED MALI S.A. et AfriDeals & Partners, portant sur le co-investissement, le transfert de technologies, la structuration de projets industriels et le développement de plateformes régionales de distribution.
Pour Dr Konipo, ces accords pourraient favoriser la création de nouvelles unités de production, de coentreprises et de programmes de renforcement des capacités industrielles dans les prochaines années.
Le secteur privé appelé à jouer un rôle moteur
Le spécialiste estime que les entreprises africaines doivent désormais dépasser leur rôle traditionnel de distributeurs pour devenir des acteurs industriels à part entière.
« L’Afrique ne peut plus être uniquement un marché de consommation. Elle doit devenir un producteur de solutions thérapeutiques innovantes, notamment grâce à ses ressources végétales et à ses substances naturelles », affirme-t-il.
Il invite ainsi les entreprises du continent à investir davantage dans la recherche, l’innovation, les infrastructures de production et les partenariats technologiques.
« Il est temps d’investir »
À l’issue du forum, Dr Abdoulaye Konipo lance un appel aux gouvernements, aux investisseurs et aux partenaires techniques.
Pour lui, l’heure n’est plus aux déclarations d’intention.
« Nous devons passer des discours aux investissements. La souveraineté pharmaceutique passera par quelques projets structurants : la production locale, la recherche, le transfert de technologies et le développement de chaînes logistiques régionales », plaide-t-il.
Son ambition est de voir émerger, à l’horizon 2040, une industrie pharmaceutique africaine capable de répondre aux besoins du continent, de créer des emplois qualifiés et de renforcer durablement la souveraineté sanitaire des États.


