La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a exprimé sa déception face au manque de progrès dans les efforts de réconciliation avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger, trois pays actuellement dirigés par des juntes militaires. Lors d’un sommet tenu ce dimanche à Abuja, au Nigeria, le président de la Commission de la CEDEAO, Oumar Touray, a mis en garde contre le risque de désintégration régionale et l’aggravation de l’insécurité.
Les trois pays du Sahel, regroupés sous l’Alliance des États du Sahel (AES), ont récemment signé un traité de confédération, marquant leur détermination à quitter la CEDEAO. Cette décision survient après avoir rompu les liens militaires et diplomatiques avec les puissances occidentales et cherché à établir des relations plus étroites avec la Russie.
Dans une déclaration publiée lundi, la CEDEAO a souligné son mécontentement face au manque de progrès dans les relations avec les autorités du Burkina Faso, du Mali et du Niger. La conférence a mandaté le président de la Commission pour adopter une approche plus vigoureuse dans les efforts de réconciliation.
Le président de la Commission, Oumar Touray, a déclaré que la région risquait la désintégration et une augmentation de l’insécurité après la formation de la confédération de l’AES. Touray a également souligné que la liberté de circulation et le marché commun de 400 millions de personnes, offerts par la CEDEAO, étaient menacés.
La CEDEAO a décidé d’élaborer un plan d’urgence pour faire face à toutes les éventualités dans ses relations avec l’AES. Les juntes militaires du Burkina Faso, du Niger et du Mali ont pris le pouvoir lors d’une série de coups d’État militaires entre 2020 et 2023. L’incertitude demeure quant à la capacité de l’AES à harmoniser les politiques politiques, économiques et de défense alors qu’elle lutte contre une insurrection islamiste de dix ans et cherche à développer certaines des économies les plus pauvres du monde.
Le sommet a également abouti à la réélection du président nigérian, Bola Tinubu, à la tête de la CEDEAO pour une année supplémentaire. Les dirigeants sénégalais et togolais ont été chargés de négocier avec les juntes militaires dans une tentative de les ramener au sein du bloc régional.
Les dirigeants de la CEDEAO ont approuvé la création d’une force régionale de réserve antiterroriste de 5 000 hommes. Cette force commencera par une brigade initiale de 1 650 hommes, qui sera renforcée au fil du temps. Les pays membres financeront cette force et solliciteront également l’aide financière de l’Union africaine.
La CEDEAO continue de chercher des solutions pour stabiliser la région et garantir la sécurité de ses citoyens. Les efforts de réconciliation avec les pays du Sahel restent une priorité afin de maintenir la cohésion régionale et de lutter efficacement contre l’insécurité et les menaces terroristes.


