Le Professeur Rose Gana Fomban Leke, une figure emblématique de la recherche médicale en Afrique, vient de recevoir une reconnaissance internationale de plus. Cette scientifique camerounaise a été primée lors de la cérémonie du Prix L’Oréal-UNESCO 2024 à Paris, où elle a été saluée pour ses travaux majeurs sur le paludisme et la poliomyélite, deux des maladies les plus dévastatrices en Afrique.
À 77 ans, Rose Leke ne montre aucun signe de ralentissement. Avec une carrière consacrée à l’étude des maladies infectieuses, elle reste une voix influente dans le domaine de la santé publique en Afrique. Formée aux États-Unis et au Canada, elle a passé des décennies à chercher des solutions pour éradiquer le paludisme, notamment chez les femmes enceintes, et à éliminer la poliomyélite sur le continent.
Dans une récente interview, Leke a partagé sa vision pour l’avenir de la santé en Afrique. Elle a exprimé un optimisme croissant quant à la possibilité pour le continent de produire ses propres médicaments. Pour elle, l’Afrique doit se préparer à devenir un acteur majeur dans la fabrication pharmaceutique. Elle cite les efforts déployés par des pays comme le Rwanda, qui a récemment inauguré un centre de production de vaccins ARNm, comme des exemples de ce que l’Afrique peut accomplir avec les bons partenariats et un soutien local solide.
Leke souligne également l’importance des partenariats internationaux, mais insiste sur la nécessité pour les gouvernements africains d’investir davantage dans la recherche et le développement. Pour elle, cet engagement est essentiel pour permettre à l’Afrique de prendre en main son propre destin en matière de santé publique.
Enfin, en tant que militante pour l’égalité des sexes dans la science, Rose Leke continue de promouvoir la participation des femmes dans les domaines scientifiques. À travers des initiatives comme le Higher Women Consortium au Cameroun, elle soutient les jeunes femmes scientifiques et les encourage à poursuivre des carrières dans la recherche, malgré les nombreux défis auxquels elles peuvent être confrontées.
Avec un regard tourné vers l’avenir, le Professeur Leke reste convaincue que l’Afrique finira par produire ses propres médicaments à grande échelle. Elle appelle à une action collective, en combinant les efforts du secteur privé, des gouvernements et des partenaires internationaux pour réaliser cette vision.


