Le ministère de la Santé a lancé, le lundi 9 février à Lomé, une campagne nationale de sensibilisation et de dépistage de l’hypertension artérielle, du diabète et de l’obésité, dans un contexte marqué par la progression rapide des maladies non transmissibles au Togo. La cérémonie officielle a été présidée par le secrétaire général du ministère, Dr Kokou Wotobé.
Prévue du 9 au 13 février 2026, l’initiative est portée par la Division de la surveillance des maladies non transmissibles (MNT), avec l’appui de l’Union musulmane du Togo. Elle intervient à la veille du mois de Ramadan, une période jugée stratégique pour informer et sensibiliser les fidèles musulmans sur les risques sanitaires liés à ces pathologies chroniques.
L’objectif affiché est clair : améliorer le niveau de connaissance de la population sur les MNT et leurs facteurs de risque, tout en facilitant un dépistage précoce. Au total, 1 500 personnes devraient être sensibilisées sur les complications liées à l’hypertension, au diabète et à l’obésité. La campagne prévoit également la prise de mesures anthropométriques – poids, taille et périmètre abdominal – ainsi que le calcul de l’indice de masse corporelle pour l’ensemble des bénéficiaires. Par ailleurs, 500 personnes feront l’objet d’un dépistage clinique ciblé. Les cas d’hypertension ou d’hyperglycémie détectés seront immédiatement orientés vers des structures sanitaires appropriées pour une prise en charge.
S’appuyant sur les résultats des enquêtes STEPS de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr Kokou Wotobé a dressé un constat préoccupant. « La prévalence de l’hypertension artérielle est passée de 19 % en 2010 à 27,4 % en 2021. Dans le même temps, l’obésité et le surpoids concernent désormais 30,8 % de la population, contre 21,6 % il y a une dizaine d’années », a-t-il indiqué. À l’échelle mondiale, les maladies non transmissibles représentent aujourd’hui 74 % des décès, une tendance qui se confirme au Togo avec une transition épidémiologique de plus en plus marquée.
Pour le secrétaire général, cette évolution exerce une pression croissante sur le système de santé et impose une réponse collective. « Les MNT appellent une mobilisation durable et multisectorielle. La prévention reste notre arme la plus efficace », a-t-il insisté, rappelant l’importance de lutter contre les facteurs de risque évitables tels que le tabagisme, la consommation nocive de l’alcool, la mauvaise alimentation et la sédentarité. Il a également plaidé pour le renforcement du dépistage précoce, du suivi médical et de la prise en charge intégrée des personnes vivant avec une MNT.
Le choix du Ramadan n’est pas fortuit. Selon le chef de la Division de la surveillance des MNT, le Professeur Belo Mofou, cette période modifie profondément les habitudes alimentaires et les rythmes de vie. « Se faire dépister avant le Ramadan permet de jeûner en toute sécurité et d’adapter son traitement. L’hypertension est un tueur silencieux qui peut évoluer sans symptômes avant de provoquer un accident vasculaire cérébral », a-t-il averti, invitant les participants à relayer les messages de prévention.
La cérémonie de lancement a également enregistré la présence du président de l’Union musulmane du Togo, El Hadj Inoussa Bouraïma, et du président du comité de gestion de la Maison du Hadj, le général Atcha Titikpina. La campagne se poursuit avec la mobilisation des professionnels de santé afin de garantir des services de qualité. Une nouvelle enquête STEPS est d’ailleurs annoncée pour l’année 2026, en vue d’actualiser les données et d’affiner les stratégies nationales de lutte contre les maladies non transmissibles.


