Les procureurs militaires ont intensifié lundi les charges contre cette figure emblématique de l’opposition et ennemi déclaré du président Yoweri Museveni. Kiiza Besigye, déjà inculpé de possession illégale d’armes à feu et d’atteinte à la sécurité nationale, fait désormais face à une accusation de trahison, passible de la peine de mort.
Arrêté en novembre au Kenya avant d’être extradé vers l’Ouganda, Besigye, un civil, comparaît devant un tribunal militaire, une décision que ses avocats jugent illégale et motivée par des raisons politiques. Winnie Byanyima, son épouse et directrice exécutive d’ONUSIDA, a également dénoncé ce qu’elle considère comme une répression politique.

Le chef d’accusation de trahison repose sur des allégations selon lesquelles Besigye et ses coaccusés auraient dissimulé des renseignements sur un complot mettant en péril la sécurité nationale. Ses avocats ont fermement rejeté ces accusations, critiquant un processus judiciaire qu’ils qualifient de biaisé et entaché d’irrégularités.
Cette affaire intervient dans un climat politique tendu en Ouganda, où le président Museveni, au pouvoir depuis près de 40 ans, est régulièrement accusé de réprimer violemment l’opposition. Amnesty International et d’autres organisations de défense des droits de l’homme dénoncent des violations systématiques des droits, notamment des actes de torture et des détentions arbitraires.
Alors que la communauté internationale observe de près cette situation, l’arrestation et l’inculpation de Besigye pourraient attiser davantage les tensions au sein du pays, déjà marqué par des décennies de contestation politique.


