Le Togo et le Bénin s’engagent dans une nouvelle dynamique de coopération transfrontalière autour du bassin du fleuve Mono. Ce lundi, la Ministre togolaise de l’Eau et de l’Assainissement, Mila Mawunyo AZIABLE, a accueilli à Lomé une délégation de haut niveau de l’Union européenne. L’objectif : lancer un projet structurant visant à transformer cette ressource naturelle en levier de développement durable et de cohésion régionale.
Le bassin du Mono, d’une superficie de 24 300 km² dont 87 % situés sur le territoire togolais, abrite environ 3,5 millions d’habitants. Il représente une frontière naturelle de 100 km entre les deux pays et joue un rôle stratégique dans plusieurs secteurs clés tels que l’agriculture, l’énergie, et l’aquaculture. Depuis la création de l’Autorité du Bassin du Mono (ABM) en 2014, ce fleuve symbolise une gouvernance partagée entre deux nations unies par une ressource vitale. « Ce fleuve unit nos deux nations. Aujourd’hui, nous en faisons un levier de développement pour nos populations », a déclaré la Ministre Mila AZIABLE, soulignant l’implication directe du Président Faure Essozimna Gnassingbé dans cette initiative.
Financé par la Facilité pour l’Eau de l’Union européenne à travers l’initiative Team Europe, ce projet repose sur trois axes essentiels : le renforcement de la gouvernance à travers la modernisation des outils de l’ABM et la mise en place de systèmes d’alerte précoce ; la réalisation d’infrastructures résilientes pour lutter contre l’érosion, protéger les berges et prévenir les inondations ; et enfin, le développement économique à travers un meilleur accès à l’eau potable, le soutien à l’agriculture durable et à la pisciculture, ainsi que la valorisation du potentiel hydroélectrique du fleuve Mono. « L’Union européenne soutient des actions concrètes, visibles par les populations. C’est toute la philosophie de Team Europe », a indiqué Silvia Favret, cheffe d’Investissements durables à la Délégation de l’UE.
Dès cette année, des études techniques seront menées pour identifier les sites d’intervention prioritaires, associer les populations locales à la conception des solutions et établir un calendrier d’exécution. Le gouvernement togolais, tout comme ses partenaires, vise des résultats tangibles d’ici 2027. « D’ici trois ans, nous voulons que chaque riverain du Mono voie la différence », a conclu la Ministre AZIABLE, qui a annoncé la tenue prochaine d’une réunion tripartite pour finaliser les détails opérationnels du projet.


