Le 8 janvier 2010 demeure une date douloureuse pour le Togo, marquant le jour où l’équipe nationale de football a été la cible d’une attaque terroriste à Cabinda. Cet événement tragique, survenu à la veille de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) en Angola, a laissé une cicatrice indélébile dans l’histoire du sport togolais, coûtant la vie à deux membres de la délégation : Amelete Abalo et Stanislas Ocloo .
Alors que l’équipe togolaise se rendait en Angola pour participer à un tournoi prestigieux, le bus transportant les joueurs a été pris pour cible par des séparatistes de la région du Cabinda. L’attaque, revendiquée par les Forces de libération de l’Etat du Cabinda, a plongé le monde du football dans l’effroi.

Amelete Abalo, responsable de l’équipement de l’équipe, et Stanislas Ocloo, responsable de la communication, ont perdu la vie dans cette attaque lâche. Plusieurs joueurs ont été blessés, créant un choc au sein de la délégation togolaise. Serge Akakpo et Kodjovi Obilalé ont fait partie des joueurs touchés, ce dernier étant grièvement blessé et mettant fin à sa carrière.
Thomas Dossevi, qui s’est retrouvé dans le bus ce jour-là, se souvient de l’horreur de l’attaque : « On n’a pas dû faire 500 mètres après la frontière que l’on a essuyé des tirs sur les bus. Ça a été assez violent. Le chauffeur de bus a été touché à la gorge par un sniper. »
L’attaque a duré une vingtaine de minutes, semant la terreur parmi les joueurs qui ont prié pour leur survie. Le bilan humain était lourd, et le sol du bus s’est teinté de rouge, laissant un spectacle de désolation après la fusillade.
La décision de participer ou non à la CAN a suscité des débats au sein de l’équipe togolaise. Certains joueurs, dont Emmanuel Adebayor, ont initialement souhaité continuer la compétition en hommage aux victimes. Cependant, le gouvernement togolais a décidé de rapatrier l’équipe, privant ainsi le pays de la possibilité de défendre ses couleurs sur la scène africaine.
Le retrait du Togo de la CAN a été sanctionné par la Confédération africaine de football (CAF), qui a interdit à l’équipe de participer aux éliminatoires de la CAN 2012 et 2013. Cette décision a été envisagée, certains la envisagé comme une réaction disproportionnée face à une attaque terroriste.
Malgré les sanctions, la CAF a finalement levé l’interdiction en mai 2010. En décembre de la même année, Joao Antonio Puati, principal suspect de la fusillade, est condamné à vingt-quatre ans de prison.
Aujourd’hui, le Togo se souvient avec respect et tristesse de cette journée sombre de son histoire sportive. La commémoration de cet anniversaire offre l’occasion de réfléchir sur la fragilité de la vie humaine et la nécessité de préserver la sécurité dans le sport, tout en honorant la mémoire d’Amelete Abalo et Stanislas Ocloo, deux figures qui resteront à jamais dans les cœurs des amoureux du football togolais.


