Le Togo accélère sa transition digitale et prépare l’intégration de l’intelligence artificielle dans le secteur de l’éducation. À Cotonou, lors du Sommet régional sur la transformation numérique, la ministre en charge de la Transformation numérique, Cina Lawson, a présenté les priorités nationales en matière d’IA, notamment la modernisation de l’administration, la valorisation des données et le renforcement des infrastructures numériques. Le pays envisage de déployer un agent intelligent au service du système éducatif, un outil capable d’assister les élèves, d’automatiser certaines tâches pédagogiques et d’adapter l’enseignement aux nouveaux besoins liés aux technologies émergentes. Cette initiative s’appuie sur le déploiement en cours de la fibre optique dans plusieurs communes et sur le raccordement progressif des écoles et centres de santé au haut débit, préalable indispensable au développement de services numériques avancés.

Les discussions ont également mis en avant la question des capacités de calcul nécessaires à l’intelligence artificielle. Pour la ministre, aucun pays de la sous-région ne peut supporter seul les investissements nécessaires pour des centres de données entièrement dédiés à l’IA. Elle a plaidé pour une mutualisation à l’échelle ouest-africaine, afin de constituer un cluster régional capable d’accompagner durablement la montée en puissance de la transformation numérique. Le Togo dispose déjà d’un data center de niveau Tier III+, déployé avec l’appui de la Banque mondiale, qui constitue une base solide pour cette ambition.
La gouvernance de la donnée représente un autre enjeu majeur. Le gouvernement souhaite encadrer la collecte, l’accès et l’utilisation des informations produites par les services publics, alors que tous les ministères seront numérisés dans les dix-huit prochains mois. Une réglementation adaptée doit permettre de protéger les droits des citoyens, d’assurer la souveraineté numérique du pays et de créer un environnement propice à l’innovation. Cette réflexion dépasse le cadre national, puisqu’aucune norme unique ne régit encore le partage de données en Afrique de l’Ouest. L’harmonisation régionale est considérée comme indispensable pour bâtir un marché numérique intégré et compétitif.
Les orientations présentées s’alignent sur la Déclaration de Cotonou adoptée à l’issue du sommet, qui encourage les États d’Afrique de l’Ouest et du Centre à unir leurs efforts pour structurer le développement de l’IA, renforcer les compétences locales et accélérer la modernisation des services publics, notamment dans l’éducation et l’administration.


